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	<title>Site WWW de Laurent Bloch</title>
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		<title>Premiers circuits int&#233;gr&#233;s, naissance de Pascal</title>
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		<dc:date>2012-05-18T20:03:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raymond Juillerat</dc:creator>



		<description>Raymond Juillerat a travaill&#233; des ann&#233;es dans les meilleures institutions universitaires de Z&#252;rich et de Lausanne, ce qui l'a mis t&#244;t au contact de nombreuses innovations techniques : voici un bref rappel de certaines d'entre elles. Les premiers circuits int&#233;gr&#233;s, je m'en souviens. &#192; l'institut du Polytechnicum de Zurich o&#249; je travaillais &#224; ma th&#232;se, un coll&#232;gue testait ces premiers circuits venus des USA. C'&#233;tait il y a 40 ans. Quatre ans plus tard (1976), j'adaptais un macro assembleur de Digital (...)

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&lt;a href="http://www.laurent-bloch.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;Histoire de l'informatique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Raymond Juillerat a travaill&#233; des ann&#233;es dans les meilleures institutions universitaires de Z&#252;rich et de Lausanne, ce qui l'a mis t&#244;t au contact de nombreuses innovations techniques : voici un bref rappel de certaines d'entre elles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les premiers circuits int&#233;gr&#233;s, je m'en souviens. &#192; l'institut du Polytechnicum de Zurich o&#249; je travaillais &#224; ma th&#232;se, un coll&#232;gue testait ces premiers circuits venus des USA. C'&#233;tait il y a 40 ans.
Quatre ans plus tard (1976), j'adaptais un macro assembleur de Digital Equipment (DEC) sous RT-11 pour les microprocesseurs 8080, z80, 6800.
Puis d'autres encore, le tout tournant sur PDP-11 (DEC). En 1982, en visite dans une firme, on m'a dit que cet assembleur crois&#233; &#233;tait encore toujours utilis&#233; chez eux. Mais j'avais d&#233;j&#224; cess&#233; le d&#233;veloppement d&#232;s 1981, car les producteurs s'&#233;taient nettement am&#233;lior&#233;s question de logiciels pour leurs microprocesseurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'autre part, je lisais hier dans un journal local un article pr&#233;sentant l'informaticien qui a fait la demande du domaine &#171; .ch &#187; il y a 25 ans. Et je le connais, je l'avais rencontr&#233; en 1976 &#224; Zurich dans le cadre d'un projet de collaboration entre les deux &#201;coles Polytechniques EPF-L (Lausanne) o&#249; j'&#233;tais assistant et EPF-Z (Zurich) o&#249; lui, Bernhard Plattner, &#233;tait aussi assistant. Il a pouss&#233; un soupir de satisfaction quand il a su que nous pouvions parler allemand ensemble, car nos connaissances d'anglais &#224; tous les deux &#224; l'&#233;poque &#233;taient encore bien minces. Il s'agissait d'assembleurs crois&#233;s et de certaines id&#233;es qui ont abouti &#224; Lilith, machine construite plus tard en collaboration avec Niklaus Wirth (auteur de Pascal).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais puisque j'en suis &#224; Pascal et &#224; son auteur, en 1970, comme assistant &#224; l'EPF-Z je suis all&#233; chez mes coll&#232;gues de l'institut du professeur Wirth parce que je voulais utiliser ce Pascal. Ces assistants ne croyaient pas &#224; un avenir &#224; ce langage et m'ont assur&#233; que je perdais mon temps. J'ai insist&#233;, et je n'ai pas perdu mon temps ! C'est aussi un des premiers langages &#224; avoir &#233;t&#233; utilis&#233;s pour programmer plus tard les microprocesseurs. Encore de la concurrence &#224; mes assembleurs crois&#233;s. Je suis rest&#233; fid&#232;le &#224; Pascal, malgr&#233; les ann&#233;es, car il a &#233;volu&#233; et avec Pascal-Objet, on a un outil fantastique de d&#233;veloppement de logiciels.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Les microprocesseurs, leur histoire et leur avenir</title>
		<link>http://www.laurent-bloch.org/spip.php?article237</link>
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		<dc:date>2012-05-14T18:31:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Bloch</dc:creator>



		<description>Sommaire- &#192; un an d'intervalle, les Communications of the ACM (CACM) ont publi&#233; deux articles qui, &#224; eux deux, offrent une synth&#232;se tr&#232;s compl&#232;te des progr&#232;s pass&#233;s et attendus de l'industrie des microprocesseurs et des proc&#233;d&#233;s qui les ont permis : en mai 2011 (vol. 54 n&#176;5), The Future of Microprocessors, par Shekhar Borkar d'Intel et Andrew A. Chien de l'Universit&#233; de Californie &#224; San Diego, dressait un panorama des voies d'am&#233;lioration des performances des microprocesseurs, celles qui ont &#233;t&#233; (...)

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&lt;a href="http://www.laurent-bloch.org/spip.php?rubrique25" rel="directory"&gt;&#201;conomie et perspectives de l'informatique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Sommaire-&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; un an d'intervalle, les &lt;em&gt;Communications of the ACM&lt;/em&gt; (CACM)
ont publi&#233; deux articles qui, &#224; eux deux, offrent une synth&#232;se tr&#232;s
compl&#232;te des progr&#232;s pass&#233;s et attendus de l'industrie des
microprocesseurs et des proc&#233;d&#233;s qui les ont permis : en mai 2011
(vol. 54 n&#176;5), &lt;a href=&quot;http://dl.acm.org/citation.cfm?doid=1941487.1941507&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;The Future of Microprocessors&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, par Shekhar Borkar d'Intel et Andrew A. Chien de l'Universit&#233; de
Californie &#224; San Diego, dressait un panorama des voies d'am&#233;lioration
des performances des microprocesseurs, celles qui ont &#233;t&#233; emprunt&#233;es
par le pass&#233; et celles qui seront praticables &#224; l'avenir, puisque ce
ne seront pas forc&#233;ment les m&#234;mes ; en avril 2012 (vol. 55 n&#176; 4), &lt;a href=&quot;http://dl.acm.org/citation.cfm?doid=2133806.2133822&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;CPU
DB : Recording Microprocessor History&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;,
par Andrew Danowitz, Kyle Kelley, James Mao, John P. Stevenson et Mark
Horowitz, tous du &lt;i&gt;VLSI Research Group&lt;/i&gt; de l'Universit&#233; Stanford,
d&#233;crit la constitution d'une &lt;a href=&quot;http://cpudb.stanford.edu/&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;base de donn&#233;es publique et
ouverte&lt;/a&gt; qui recueille les donn&#233;es
architecturales les plus d&#233;taill&#233;es possibles sur 790 microprocesseurs
construits au cours des 40 derni&#232;res ann&#233;es par 17 industriels [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='AMD, Intel, Broadcom, Centaur, Cypress, DEC, Fujitsu, HAL, HP, IBM, MIPS, (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;],
et expose les premiers r&#233;sultats obtenus par l'analyse de ces
donn&#233;es. Ces approches &#233;clairent d'un jour nouveau la loi de Moore,
qui est une loi empirique, en cela qu'ils en recherchent les variables
explicatives et qu'ils proposent des mod&#232;les dont ils d&#233;duisent la
part de l'&#233;volution globale qui est expliqu&#233;e par chacune de ces
variables.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les am&#233;liorations de performance &#171; classiques &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Shekhar Borkar et Andrew A. Chien identifient trois domaines
principaux qui ont permis &#224; ce jour l'am&#233;lioration des
microprocesseurs :&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;L'acc&#233;l&#233;ration de la commutation des transistors&lt;/strong&gt; par la
r&#233;duction de leur taille : tous les deux ans depuis 40 ans, la taille
des transistors a diminu&#233; de 30%, ce qui a r&#233;duit leur surface de 50%,
en d'autres termes doubl&#233; la densit&#233; du circuit. Cette r&#233;duction de
la taille du circuit accro&#238;t les performances de 40%. Afin de maintenir un champ &#233;lectrique constant, la tension est r&#233;duite de 30%, ce
qui diminue l'&#233;nergie consomm&#233;e de 65%, et la puissance de 50%.
Chaque g&#233;n&#233;ration (deux ans) produit donc des processeurs 40%
plus rapides, pour un budget &#233;nerg&#233;tique &#233;quivalent.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Le perfectionnement de la micro-architecture&lt;/strong&gt; par des techniques
telles que :&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; le &lt;i&gt;pipeline&lt;/i&gt;, qui consiste &#224; d&#233;composer les instructions en op&#233;rations
plus &#233;l&#233;mentaires, ce qui permet de commencer &#224; ex&#233;cuter une
instruction avant que les pr&#233;c&#233;dentes ne soient termin&#233;es [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour une description du m&#233;canisme de pipeline, le lecteur peut t&#233;l&#233;charger (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;] ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; l'architecture super-scalaire, qui consiste &#224; multiplier les unit&#233;s
d'ex&#233;cutions pour les op&#233;rations les plus fr&#233;quentes, ce qui permet un
certain parall&#233;lisme ; &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; l'ex&#233;cution sp&#233;culative et l'ex&#233;cution &#171; dans le d&#233;sordre &#187; &lt;i&gt;(out
of order)&lt;/i&gt;, qui consistent &#224; ex&#233;cuter des instructions &#171; &#224; l'avance &#187;,
alors que l'on n'est pas s&#251;r qu'elles vont &#234;tre utiles, mais qui
procurent des gains de temps d'ex&#233;cution significatifs si la pr&#233;diction
est judicieuse.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;L'organisation de la m&#233;moire-cache&lt;/strong&gt; : le mot cache, curieux
retour au fran&#231;ais d'un emprunt anglais, sugg&#232;re ici l'id&#233;e de cacher
dans un coin (techniquement parlant, dans une zone de m&#233;moire petite
mais &#224; acc&#232;s tr&#232;s rapide) pour l'avoir sous la main une chose que l'on
ne veut pas avoir &#224; aller chercher &#224; la cave ou au grenier (i.e., dans
la m&#233;moire centrale, vaste mais &#224; acc&#232;s lent par rapport &#224; la vitesse
du processeur), pour gagner du temps. Cette technique s'est d&#233;velopp&#233;e
parce que, si la capacit&#233; de la m&#233;moire centrale a &#233;volu&#233; parall&#232;lement
&#224; la puissance des processeurs, sa vitesse a progress&#233; moins vite. Si
au d&#233;but des ann&#233;es 1990 le temps d'acc&#232;s &#224; une position de m&#233;moire se
mesurait en dizaines de cycles de processeurs, vingt ans plus tard
c'est en centaines de cycles : il a fallu trouver des proc&#233;d&#233;s pour
&#233;viter que cette discordance croissante ne r&#233;duise &#224; n&#233;ant les b&#233;n&#233;fices
obtenus pas l'acc&#233;l&#233;ration des processeurs.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;La technique du cache procure des augmentations de performances tr&#232;s
spectaculaires, bien qu'aucun mod&#232;le g&#233;n&#233;ral satisfaisant de son
fonctionnement n'ait pu &#234;tre propos&#233; &#224; ce jour. Une variante en est le
TLB &lt;i&gt;(&lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/Translation_lookaside_buffer&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Translation Lookaside
Buffer&lt;/a&gt;)&lt;/i&gt;,
qui conserve &#171; sous la main &#187; les r&#233;sultats les plus r&#233;cents de
traductions d'adresses virtuelles en adresses r&#233;elles, ce qui permet
avec un tr&#232;s faible volume de donn&#233;es d'obtenir des acc&#233;l&#233;rations
spectaculaires [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Le lecteur peu familier de ces notions peut t&#233;l&#233;charger (gratuitement) mon (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Gisements d'am&#233;lioration en voie d'&#233;puisement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les voies classiques d'am&#233;liorations que nous venons de survoler
continueront &#224; &#234;tre exploit&#233;es, mais depuis quelques ann&#233;es elles sont
de moins en moins fructueuses, ne serait que parce qu'elles ont
atteint certaines limites. Ainsi, la r&#233;duction de la taille des
transistors approche de limites physiques : la g&#233;om&#233;trie des
processeurs annonc&#233;s r&#233;cemment (2012) repose sur des motifs de 22
nanom&#232;tres, c'est-&#224;-dire que l'&#233;paisseur du di&#233;lectrique des
transistors est de quelques dizaines d'atomes. On ne pourra pas
descendre beaucoup plus bas. De toute fa&#231;on, apr&#232;s plus de trente ans
de progr&#232;s exponentiels, la courbe des gains de performances en
fonction de la taille des transistors a commenc&#233; &#224; s'infl&#233;chir depuis
cinq ou six ans. Par exemple, la tension d'alimentation diminue avec
la taille des circuits, mais la diminution de la tension de seuil de
commutation du transistor augmente le taux de fuite (le courant qui &#171; passe &#187; quand le transistor est dans l'&#233;tat &#171; non passant &#187;), ce qui
oblige &#224; maintenir un seuil de tension de commutation moins bas, et
ainsi &#224; limiter le gain de performance esp&#233;r&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais le principal obtsacle auxquels les concepteurs de circuits se
heurtent aujourd'hui est la consommation &#233;lectrique : alors que
pendant les trente premi&#232;res ann&#233;es du microprocesseur on ne
s'en souciait gu&#232;re, c'est devenu une pr&#233;occupation essentielle, et pas
uniquement pour des raisons &#233;cologiques. Que l'on songe au fait qu'une
compagnie comme Google soit amen&#233;e &#224; investir des centaines de
millions de dollars dans l'&#233;nergie photovolta&#239;que et &#224; installer ses
fermes de serveurs au pied des centrales pour r&#233;duire la facture
&#233;nerg&#233;tique. Avec l'augmentation de la densit&#233; des composants et
la r&#233;duction de la taille des machines, la dissipation calorique devient
un probl&#232;me crucial pour les &lt;i&gt;datacenters&lt;/i&gt;, nouveaux noms des centres
de calcul.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est en partie, mais pas seulement, pour des raisons de consommation
&#233;lectrique que le nombre d'&#233;tages des pipelines a commenc&#233; &#224; diminuer.
Le processeur Intel Pentium 4, par exemple, introduit en 2000, avait une
g&#233;om&#233;trie de 65 nm et un pipeline de 31 &#233;tages, ce qui lui permettait
d'afficher une fr&#233;quence d'horloge de 3,8 GHz. Cette fr&#233;quence &#233;lev&#233;e &#233;tait en partie un &#233;l&#233;ment de marketing, destin&#233; &#224; impressionner le public,
parce que le gain marginal procur&#233; par le dernier &#233;tage du pipeline est
faible. Aujourd'hui les fr&#233;quences n'augmentent plus gu&#232;re et on est revenu
&#224; des pipelines plus raisonnables, 16 &#233;tages pour l'architecture Nehalem
&#224; la base des processeurs Core i7 sortis en 2008.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Nouvelles orientations du progr&#232;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les processeurs les plus r&#233;cents ont plus de deux milliards de
transistors sur deux ou trois centim&#232;tres carr&#233;s : c'est plus qu'il
n'en faut pour implanter toute la logique n&#233;cessaire, alors on fait
des processeurs multi-c&#339;urs, c'est-&#224;-dire en fait des
multi-processeurs (chaque c&#339;ur est un processeur simple), avec huit
c&#339;urs ou plus sur un m&#234;me chip. M&#234;me ainsi, il reste plein de
transistors disponibles : on les utilise pour installer de la m&#233;moire,
dont le temps d'acc&#232;s sera ainsi excellent. On peut aussi embarquer &#224;
bord des fonctions qui &#233;taient auparavant affect&#233;es &#224; des composants
s&#233;par&#233;s : d&#233;codage vid&#233;o, cryptographie, r&#233;seau...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais la recherche s'oriente vers une utilisation plus subtile de cet
&#233;norme stock de transistors disponibles. Puisque qu'ils sont en
abondance, et qu'en outre les utiliser tous ensemble &#224; leur fr&#233;quence
maximum entra&#238;nerait une consommation &#233;lectrique et une dissipation
thermique intol&#233;rables (l'extrapolation des tendances actuelles
donnerait 500 W par centim&#232;tre carr&#233; en 2018), l'id&#233;e est, plut&#244;t que
de multiplier les c&#339;urs g&#233;n&#233;ralistes identiques les uns aux autres,
d'en mettre moins, qui seront associ&#233;s &#224; de la m&#233;moire, moins
consommatrice d'&#233;nergie, et aussi d'implanter des c&#339;urs sp&#233;cialis&#233;s
pour certains traitements, qui ne serviront peut-&#234;tre pas souvent,
mais qui donneront de bons r&#233;sultats quand on en aura besoin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'autres possibilit&#233;s sont explor&#233;es : mieux organiser les acc&#232;s &#224; la
m&#233;moire de fa&#231;on &#224; placer les donn&#233;es le plus pr&#232;s possible des
circuits qui doivent y acc&#233;der, hi&#233;rarchiser les lignes de communication
(bus) entre les groupes de c&#339;urs et optimiser le placement des t&#226;ches
sur les c&#339;urs en fonction des acc&#232;s aux donn&#233;es, voire utiliser une
partie du budget de transistors pour des &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Circuit_logique_programmable&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;circuits logiques programmables&lt;/a&gt;
(&lt;i&gt;Field-programmable Gate Array&lt;/i&gt;, FPGA), c'est &#224; dire du mat&#233;riel
modifiable &#224; la vol&#233;e par l'utilisateur, ce qui existe d&#233;j&#224;, mais avec
des performances inf&#233;rieures &#224; celles des microprocesseurs actuels.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;D&#233;composition en facteurs de la loi de Moore&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La &lt;a href=&quot;http://cpudb.stanford.edu/&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;base de donn&#233;es publique et ouverte&lt;/a&gt;
du &lt;i&gt;VLSI Research Group&lt;/i&gt; de l'Universit&#233; Stanford pr&#233;sente l'int&#233;r&#234;t
intrins&#232;que de regrouper toutes sortes de donn&#233;es techniques sur un
grand nombre de microprocesseurs (on notera que Wikip&#233;dia en anglais est aussi une source tr&#232;s riche, et compl&#233;mentaire, sur le
m&#234;me sujet) ; en outre, les auteurs de l'article ont profit&#233; de cet ensemble
de donn&#233;es riches et normalis&#233;es pour se livrer &#224; des analyses statistiques destin&#233;es &#224; &#233;clairer l'&#233;volution des processeurs depuis
quarante ans. Il est &#224; noter que les lecteurs sont invit&#233;s &#224; contribuer
&#224; l'enrichissement de la base de donn&#233;es, qu'ils peuvent la t&#233;l&#233;charger
int&#233;gralement pour leur usage personnel, et que les auteurs donnent
le texte des proc&#233;dures R qu'ils ont utilis&#233;es pour leurs analyses, ce
qui facilitera grandement le travail de celui qui voudrait produire ses
propres analyses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La plupart des processeurs modernes peuvent adapter leur fr&#233;quence
d'horloge et leur tension d'alimentation &#224; la t&#226;che qu'ils effectuent &#224;
un instant donn&#233;, ce qui complique l'&#233;tude de l'&#233;volution de ces
variables au fil des am&#233;liorations de la technologie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Afin de pouvoir comparer raisonnablement les performances de
processeurs de conception et de r&#233;alisation technique tr&#232;s
diff&#233;rentes, &#224; cause principalement des progr&#232;s des proc&#233;d&#233;s de
fabrication, nos auteurs ont d&#251; mettre au point une &lt;i&gt;m&#233;thodologie de
normalisation de la technologie&lt;/i&gt;. Pour ce faire ils ont cherch&#233; &#224;
estimer le facteur d'&#233;chelle procur&#233; par la technologie &#224; la
performance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il leur fallait d&#233;finir une m&#233;trique pour la performance : ils se sont
appuy&#233;s surtout sur les r&#233;sultats de la suite de benchmark SPEC 2006,
et pour les processeurs trop anciens, sur les versions ant&#233;rieures de
SPEC (1989, 1992, 1995 et 2000). Pour &#233;tablir des abaques de passage
d'une m&#233;trique &#224; une autre ils se sont appuy&#233;s sur l'existence de processeurs
pour lesquels &#233;taient disponibles des r&#233;sultats dans deux &#233;chelles
successives.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour estimer la performance que procurerait un processeur ancien s'il
&#233;tait r&#233;alis&#233; selon une technologie plus moderne, le facteur fr&#233;quence
d'horloge est certes d&#233;terminant, mais il doit &#234;tre pond&#233;r&#233; par le
temps d'acc&#232;s &#224; la m&#233;moire, qui a progress&#233; beaucoup moins
rapidement. Pour calculer une puissance putative, les auteurs
supposent que les constructeurs augmentent la taille de la m&#233;moire
cache &quot;on-chip&quot; afin de maintenir constant le taux de d&#233;fauts de
cache, c'est-&#224;-dire la proportion des tentatives d'acc&#232;s aux donn&#233;es
qui ne sont pas satisfaites par le cache, et qui n&#233;cessitent un acc&#232;s
r&#233;el &#224; la m&#233;moire centrale, avec la mise en attente qui en r&#233;sulte
pour le processus concern&#233;. Ils en d&#233;duisent la loi empirique selon
laquelle la taille du cache doit cro&#238;tre comme le carr&#233; de la
fr&#233;quence d'horloge.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour imputer une fr&#233;quence d'horloge putative &#224; un processeur ancien
s'il &#233;tait r&#233;alis&#233; selon une technologie plus moderne, il faut aussi
conna&#238;tre l'&#233;volution des d&#233;lais induits par les portes logiques et par
les fils de liaison. Ces donn&#233;es sont heureusement sensiblement les
m&#234;mes pour tous les types de portes, et fr&#233;quemment disponibles,
ce qui a permis aux auteurs d'&#233;tablir une formule d'extrapolation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le rythme d'introduction de nouveaux proc&#233;d&#233;s de fabrication,
permettant une nouvelle g&#233;om&#233;trie des circuits, est de deux &#224;
trois ans, avec une certaine acc&#233;l&#233;ration dans la derni&#232;re d&#233;cennie.
Chaque g&#233;n&#233;ration divise la taille des transistors par &amp;radic;2.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au cours des 25 ans &#233;coul&#233;s depuis l'Intel 80386, la taille des transistors
a &#233;t&#233; r&#233;duite selon un facteur 4 000 ; or le nombre de transistors
par processeur a &#233;t&#233; multipli&#233; par 16 000 : l'explication est
l'augmentation de la surface des processeurs, 103 mm&#178;
pour le 80386, 296 mm&#178; pour l'Intel Core i7 par exemple.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si le seul facteur d'augmentation de la fr&#233;quence &#233;tait la taille des
transistors, les processeurs actuels tourneraient &#224; 500 MHz, au
lieu de 3 GHz et plus : un autre facteur est l'augmentation du nombre d'&#233;tages des pipelines, c'est-&#224;-dire que chaque op&#233;ration
est d&#233;compos&#233;e en un plus grand nombre de micro-op&#233;rations.
Le 80386 avait un pipeline &#224; deux &#233;tages (une &#233;tape &quot;Fetch&quot;,
une &#233;tape &quot;Execute&quot;), 31 &#233;tages pour le Pentium IV, et un
retour vers des valeurs plus raisonnables avec 16 &#233;tages pour le Core i7.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si la puissance &#233;lectrique avait cr&#251; comme la fr&#233;quence,
le facteur aurait &#233;t&#233; plus important. Entre le 80386 (1986)
et le Pentium 4 (2000), la taille des transistors a &#233;t&#233; divis&#233;e
par 16, la tension d'alimentation divis&#233;e par 4, la fr&#233;quence
d'horloge multipli&#233;e par 200. On aurait pu s'attendre &#224; une
multiplication de la puissance &#233;lectrique n&#233;cessaire par 16 &#215; 200 &amp;frasl; 4&#178; = 200. Or le facteur observ&#233;
est seulement 32. Cette &#233;conomie est essentiellement procur&#233;e par des optimisations de l'architecture, notamment dans
la &lt;a href=&quot;http://www.laurent-bloch.org/spip.php?article221&quot; class='spip_in'&gt;propagation des signaux d'horloge&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Conclusion : am&#233;lioration continue dans tous les compartiments&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2005, l'&#233;volution est command&#233;e par la recherche d'&#233;conomie
d'&#233;nergie, notamment par l'implantation sur un m&#234;me chip de plusieurs
c&#339;urs, c'est-&#224;-dire des processeurs &#233;l&#233;mentaires, ce qui autorise du
traitement parall&#232;le sur un seul chip. Mais n&#233;anmoins la performance
unitaire des c&#339;urs continue &#224; augmenter, m&#234;me ind&#233;pendamment des
apports de l'accroissement de la fr&#233;quence et de la taille du cache :
ces gains proviennent de perfectionnements architecturaux tels que
l'implantation sur le chip des contr&#244;leurs d'acc&#232;s &#224; la m&#233;moire et la
multiplication des unit&#233;s d'ex&#233;cution (architecture super-scalaire).
Il est toutefois difficile d'isoler ces progr&#232;s d&#251;s au mat&#233;riel de ceux d&#251;s
aux progr&#232;s des compilateurs, dont d&#233;pendent les r&#233;sultats des
benchmarks SPEC.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La base de donn&#233;es CPU DB permet d&#233;sormais de quantifier les
progr&#232;s incroyables r&#233;alis&#233;s en quarante ans par l'industrie des
microprocesseurs, et offre les moyens d'en analyser les &#233;volutions
et les tendances par des m&#233;thodes scientifiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] AMD,
Intel, Broadcom, Centaur, Cypress, DEC, Fujitsu, HAL, HP, IBM, MIPS,
Cyrix, Hitachi, MOS, Motorola, NexGen, ROSS, Sun, WDC, Zilog, SGI&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Pour une
description du m&#233;canisme de pipeline, le lecteur peut t&#233;l&#233;charger
(gratuitement) mon &lt;a href=&quot;http://www.laurent-bloch.org/spip.php?article13&quot; class='spip_in'&gt;livre de syst&#232;me&lt;/a&gt; et en consulter le chapitre
9 relatif aux &#233;volutions de l'architecture des processeurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] Le lecteur peu familier de ces notions peut
t&#233;l&#233;charger (gratuitement) mon &lt;a href=&quot;http://www.laurent-bloch.org/spip.php?article13&quot; class='spip_in'&gt;livre de syst&#232;me&lt;/a&gt; et en consulter
le chapitre 4 relatif &#224; la m&#233;moire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Hackito Ergo Sum 2012</title>
		<link>http://www.laurent-bloch.org/spip.php?article236</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.laurent-bloch.org/spip.php?article236</guid>
		<dc:date>2012-04-24T17:09:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Bloch</dc:creator>



		<description>Sommaire- Hackito Ergo Sum est une des plus int&#233;ressantes parmi les conf&#233;rences consacr&#233;es &#224; la s&#233;curit&#233; des syst&#232;mes d'information et des r&#233;seaux. Elle r&#233;unissait cette ann&#233;e quelques 300 participants venus pour la plupart de divers pays europ&#233;ens, mais aussi d'autres continents, pour la plupart jeunes et passionn&#233;s par la technique. Les textes des communications disponibles sont en ligne ici. On trouvera aussi un autre compte-rendu en fran&#231;ais sur le site Digdeo. L'impression g&#233;n&#233;rale qui se d&#233;gage (...)

-
&lt;a href="http://www.laurent-bloch.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;Cyberstrat&#233;gie, Internet (&#233;volution, organisation et s&#233;curit&#233;)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Sommaire-&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://2012.hackitoergosum.org/&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Hackito Ergo Sum&lt;/a&gt; est une des plus int&#233;ressantes parmi les conf&#233;rences
consacr&#233;es &#224; la s&#233;curit&#233; des syst&#232;mes d'information et des
r&#233;seaux. Elle r&#233;unissait cette ann&#233;e quelques 300 participants venus
pour la plupart de divers pays europ&#233;ens, mais aussi d'autres
continents, pour la plupart jeunes et passionn&#233;s par la technique. Les
textes des communications disponibles sont &lt;a href=&quot;http://2012.hackitoergosum.org/blog/schedule/talks&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;en ligne
ici&lt;/a&gt;. On trouvera aussi un autre compte-rendu en fran&#231;ais sur le site &lt;a href=&quot;http://www.digdeo.fr/actualite/hackito-ergo-sum-2012-premiere-journee&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Digdeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'impression g&#233;n&#233;rale qui se d&#233;gage de ces trois jours d'expos&#233;s,
c'est la d&#233;faite de la d&#233;fense p&#233;rim&#233;trique. L'ing&#233;niosit&#233; et
l'efficacit&#233; des attaques qui nous furent expliqu&#233;es et &#233;ventuellement montr&#233;es laissent pantois :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.laurent-bloch.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Que faire contre un logiciel malveillant
qui, une fois install&#233; sur votre carte m&#232;re, r&#233;siste &#224; l'effacement
complet du disque dur et &#224; l'installation d'un nouveau syst&#232;me
d'exploitation (c'est
&lt;a href=&quot;http://2012.hackitoergosum.org/blog/wp-content/uploads/2012/04/HES-2012-jbrossard_fdemetrescu-Hardware-Backdooring-is-pratical.pdf&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Rakshasa&lt;/a&gt;
de Jonathan Brossard et Florentin Demetrescu) ? Il faut par
ailleurs avoir conscience du fait que tout constructeur a la possibilit&#233;
d'installer une porte d&#233;rob&#233;e &lt;i&gt;(backdoor)&lt;/i&gt; dans ses mat&#233;riels, et depuis que
l'on a trouv&#233; sur le march&#233; am&#233;ricains des routeurs contrefa&#231;ons de Cisco,
fabriqu&#233;s en Chine et vendus sous la marque Cisco, on se dit que tout est
possible.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Attaques contre les t&#233;l&#233;phones et les r&#233;seaux 3G&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.laurent-bloch.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Comment savoir que l'antenne relais GSM &#224; laquelle parle votre
t&#233;l&#233;phone mobile est en fait contr&#244;l&#233;e par un attaquant, et que par
ailleurs le port JTAG &lt;i&gt;(Joint Test Action Group)&lt;/i&gt; du processeur dudit
t&#233;l&#233;phone, qui permet le d&#233;boguage du logiciel, et donc la
modification de tout le syst&#232;me d'exploitation, est pour toute une
s&#233;rie de puces accessible &#224; l'attaquant (communication de &lt;a href=&quot;http://wwwfr.uni.lu/recherche/fstc/laboratory_of_algorithmics_cryptology_and_security_lacs/members/ralf_philipp_weinmann&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Ralf
Philipp
Weinmann&lt;/a&gt;
de l'Universit&#233; de Luxembourg) ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.laurent-bloch.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Le m&#234;me Ralf Philipp Weinmann a trouv&#233; dans le sous-sol de son
universit&#233; toute une infrastructure 3G de marque Siemens, avec laquelle
il a pu tranquillement explorer toutes sortes de sc&#233;narios d'attaques, mais
il n'a pas le droit de les divulguer. Encore des industriels qui croient &#224; la
s&#233;curit&#233; par l'obscurit&#233;...&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Identification d'algorithmes cryptographiques masqu&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, la s&#233;curit&#233; par l'obscurit&#233; va redevenir &#224; la mode par la
force des choses ; en effet, puisque l'on ne peut plus &#234;tre certain
qu'aucun ordinateur ni aucun t&#233;l&#233;phone ne soit inviol&#233; et n'abrite pas
un logiciel espion quelconque, il va falloir prot&#233;ger les documents
(les contenus) par des proc&#233;d&#233;s cryptographiques dits &lt;i&gt;en salle
blanche&lt;/i&gt;. Un exemple pr&#233;curseur, ce sont les DRM : l'attaquant est le
ma&#238;tre du syst&#232;me, puisqu'il lui appartient, et il a tout loisir
d'observer sa cible. Face &#224; des attaques dans un tel contexte, o&#249; les
cl&#233;s secr&#232;tes sont cach&#233;es au c&#339;ur de la cible, l'obfuscation du code
(c'est-&#224;-dire le fait de le rendre incompr&#233;hensible par une r&#233;&#233;criture
obscurcissante) est une arme d&#233;fensive, et notamment dissimuler la
nature des algorithmes cryptographiques utilis&#233;s est utile. Mais l&#224;
arrive &lt;a href=&quot;http://2012.hackitoergosum.org/blog/wp-content/uploads/2012/04/HES-2012-jcalvet-CryptoFunctionIdentification.pdf&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Joan
Calvet&lt;/a&gt;,
qui propose une m&#233;thode pour identifier les algorithmes par
observation de leur comportement : toutes les impl&#233;mentations, par
exemple, de &lt;i&gt;Tiny Encryption Algorithm&lt;/i&gt; (TEA), partagent le fait que
lorsque leur sont soumis une m&#234;me cl&#233; et un m&#234;me message chiffr&#233;,
elles rendent le m&#234;me message clair. La comparaison de jeux de valeurs
soumises au programme examin&#233;, et des jeux de r&#233;sultats produits, associ&#233;e
avec des d&#233;marches heuristiques pour d&#233;tecter des boucles dissimul&#233;es
par des op&#233;rations de d&#233;roulement &lt;i&gt;(loop unrolling)&lt;/i&gt;, permet d'extraire
la partie du texte qui correspond &#224; l'algorithme, puis de l'identifier.
La m&#233;thode de Joan Calvet permet de d&#233;tecter et d'identifier des
algorithmes r&#233;put&#233;s difficiles &#224; rep&#233;rer, ainsi que des algorithmes
modifi&#233;s, voire m&#234;me modifi&#233;s avec des erreurs d'impl&#233;mentation.
Et en suppl&#233;ment, l'examen de la trace permet de r&#233;cup&#233;rer les
aguments !&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;N&#233;cessit&#233; des pots de miel&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Fyodor Yarochkin nous explique la n&#233;cessit&#233; pour les op&#233;rateurs
r&#233;seau d'installer sur des machines virtuelles des &#171; pots de miel &#187;
&lt;i&gt;(honeypots)&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire des machines non prot&#233;g&#233;es contre
les intrusions, et qui sont en fait des leurres destin&#233;s &#224; recueillir un &#233;chantillon aussi large que possible d'attaques, pour les analyser
et d&#233;terminer une signature qui permettra &#224; un logiciel de d&#233;tection
d'intrusion de les d&#233;tecter efficacement.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Fragilit&#233; des cartes de cr&#233;dit sans contact&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Renaud Lifchitz, de British Telecom, nous fait une d&#233;monstration de
r&#233;cup&#233;ration &#224; distance des donn&#233;es personnelles contenues dans une
carte bancaire sans contact NFC, le stockage et la s&#233;curit&#233; assur&#233;s
selon le standard EMV et la norme ISO 7816-4. Il n'y a aucun
chiffrement des donn&#233;es, aucune authentification, tout est ouvert. Le
mat&#233;riel n&#233;cessaire : un dongle USB (40 euros) et un t&#233;l&#233;phone Samsung
Galaxy Nexus, BlackBerry Curve ou Nokia N9. Les protocoles et
formats de donn&#233;es sont publics, aucun besoin de r&#233;tro-ing&#233;nierie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par contre le num&#233;ro de la carte CVV n'est pas inscrit dans les
donn&#233;es NFC, on ne peut donc pas le r&#233;cup&#233;rer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Attaques possibles : r&#233;cup&#233;rer les donn&#233;es et les utiliser pour des
paiements en ligne, tenter la duplication de la carte, les donn&#233;es NFC
sont presques compl&#232;tes et les donn&#233;es de la piste magn&#233;tique peuvent
&#234;tre reproduites. Une telle carte clon&#233;e pourra &#234;tre utilis&#233; dans les
pays ne demandant pas le code pin comme les USA et certains pays
europ&#233;ens par exemple. Enfin on peut reconna&#238;tre la pr&#233;sence d'une
personne et d&#233;clencher des actions : surveillance des passages,
terrorisme avec une voiture qui explose uniquement si la personne
vis&#233;e est pr&#233;sente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La principale limite est la distance, id&#233;alement entre 3 et 5 cm, mais
en utilisant des amplificateurs on peut monter &#224; 1,5m. Avec un
r&#233;cepteur type USRP et une antenne directive on devrait pouvoir monter &#224;
15m.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Protection possible : porte-feuille blind&#233;, comme une cage de Faraday,
il en existe dans le commerce, mais attention, la protection d&#233;pend des
fr&#233;quences &#224; filtrer, qui ne sont pas les m&#234;mes selon les applications :
ainsi ce qui prot&#232;ge une carte NFC ne prot&#233;gera pas un passeport
biom&#233;trique, et inversement (les donn&#233;es des passeports sont chiffr&#233;es
et prot&#233;g&#233;es, soit dit en passant, comme les donn&#233;es de la carte Navigo
des transports publics parisiens).&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Avanc&#233;es r&#233;centes pour la s&#233;curit&#233; IPv6&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.gont.com.ar/&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Fernando Gont&lt;/a&gt; est un chercheur en pointe
sur les sujets qui touchent &#224; la s&#233;curit&#233; IPv6. &lt;a href=&quot;http://2012.hackitoergosum.org/blog/wp-content/uploads/2012/04/HES-2012-fgont-recent-advances-in-ipv6-security.pdf&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Sa communication&lt;/a&gt; est en ligne,
ainsi que celle pr&#233;sent&#233;e l'an dernier &#224; &lt;a href=&quot;http://www.si6networks.com/presentations/hacklu2011/fgont-hacklu2011-ip-security.pdf&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;HackLu&lt;/a&gt; au Luxembourg,
comme le nom l'indique (d&#233;cid&#233;ment le Luxembourg semble devenir
une plaque tournante de la s&#233;curit&#233; des SI et des r&#233;seaux), que j'utiliserai
&#233;galement pour le pr&#233;sent compte-rendu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fernando Gont entame son expos&#233; par six assertions qui m&#233;ritent r&#233;flexion :&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; vous ne le savez peut-&#234;tre pas, mais vous avez &lt;i&gt;d&#233;j&#224;&lt;/i&gt; d&#233;ploy&#233; IPv6, &lt;i&gt;nolens volens&lt;/i&gt; ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; nous avons beaucoup moins d'exp&#233;rience avec IPv6 qu'avec IPv4 ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; les impl&#233;mentations d'IPv6 sont moins m&#251;res que celles d'IPv4 ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; l'adaptation &#224; IPv6 des syst&#232;mes de s&#233;curit&#233; tels que coupe-feu, syst&#232;mes de d&#233;tection d'intrusion, etc., est moins d&#233;velopp&#233;e que pour IPv4 ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la p&#233;riode de transition durant laquelle les deux protocoles coexisteront engendrera une complexit&#233; accrue du r&#233;seau :&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; deux protocoles r&#233;seau,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; recours accru &#224; la traduction d'adresses (NAT),&lt;/li&gt;&lt;li&gt; recours accru aux tunnels (IPv6 dans IPv4 par exemple),&lt;/li&gt;&lt;li&gt; utilisation de technologies in&#233;dites pour assurer la coexistence ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.laurent-bloch.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; il y a p&#233;nurie d'ing&#233;nieurs form&#233;s &#224; IPv6 (et aux technologies de la coexistence).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Il poursuit en &#233;non&#231;ant cinq mythes qui courent au sujet d'IPv6 :&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Mythe n&#176; 1 : &#171; La taille gigantesque de l'espace d'adresses emp&#234;che les attaques par balayage exhaustif &#187;. Oui, il y a un nombre consid&#233;rable d'adresses possibles, mais en pratique elles ob&#233;issent &#224; des sch&#233;mas syst&#233;matiques qui r&#233;duisent le nombre des valeurs possibles, au moins pour l'instant. En outre, le recours &#224; l'adresse MAC pour constituer les derniers octets de l'adresse IPv6 permet la filature des portables sur le r&#233;seau.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mythe n&#176; 2 : &#171; IPv6 va permettre d'affecter une adresse publique &#224; chaque appareil connect&#233; au r&#233;seau, et ainsi de revenir aux connexions de bout en bout &lt;i&gt;(end to end)&lt;/i&gt; du bon vieux temps &#187;. &#192; supposer que les utilisateurs souhaitent effectivement que leur machine &#224; caf&#233; dispose d'une adresse publique sur le r&#233;seau, il est rien moins que s&#251;r que ce soit une propri&#233;t&#233; d&#233;sirable, surtout du point de vue de la s&#233;curit&#233; !&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mythe n&#176; 3 : &#171; ARP &#233;tait un protocole peu s&#251;r, il dispara&#238;t avec IPv6, la s&#233;curit&#233; est am&#233;lior&#233;e &#187;. Oui, mais les attaques contre ARP (usurpation d'adresse) peuvent ais&#233;ment &#234;tre adapt&#233;es au m&#233;canisme &lt;i&gt;&#8220;Neighbor Discovery&#8221;&lt;/i&gt; d'IPv6, qui fait la m&#234;me chose qu'ARP par un proc&#233;d&#233; analogue, diffusion &#224; la cantonnade de l'adresse IP recherch&#233;e et r&#233;ponse au premier qui r&#233;pond, peut-&#234;tre un usurpateur.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mythe n&#176; 4 : &#171; Le protocole DHCP de configuration automatique de l'acc&#232;s d'un poste au r&#233;seau &#233;tait peu s&#251;r, il dispara&#238;t avec IPv6, la s&#233;curit&#233; est am&#233;lior&#233;e &#187;. DHCP &lt;i&gt;(Dynamic Host Configuration Protocol)&lt;/i&gt; est le protocole qui, &#224; partir de la &#171; box &#187; d'un abonn&#233; &#224; Internet, lui attribue une adresse, un r&#233;solveur DNS et une adresse de passerelle vers le r&#233;seau sans qu'il ait &#224; s'en pr&#233;occuper. On voit bien que si un malfaiteur r&#233;ussit &#224; falsifier ces informations en les rempla&#231;ant par l'adresse d'une passerelle vers un r&#233;seau qu'il contr&#244;le, ou d'un serveur DNS menteur, la victime risque de gros ennuis (d&#233;ni de service, attaque par interposition &lt;i&gt;(&#171; Man in the Middle &#187;)&lt;/i&gt;). DHCP, pour des raisons analogues &#224; celles qui affectent ARP (diffusion &#224; la cantonnade, et pas de v&#233;rification de la v&#233;racit&#233; des r&#233;ponses), est vuln&#233;rable &#224; de telles attaques. Avec IPv6, &#224; la place de DHCP, on a... DHCPv6, vuln&#233;rable de la m&#234;me fa&#231;on, ou SLAAC &lt;i&gt;(Stateless Address Auto-Configuration)&lt;/i&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt; SLAAC pr&#233;voit qu'un routeur sur le r&#233;seau local diffuse des informations utiles &#224; la configuration des postes &lt;i&gt;(&#171; Router Advertisements &#187;)&lt;/i&gt;, telles que pr&#233;fixes pour la construction automatique des adresses IPv6, information de routage, param&#232;tres de configuration. Par contrefa&#231;on des &lt;i&gt;&#171; Router Advertisements &#187;&lt;/i&gt;, un attaquant peut, comme avec DHCP, provoquer des d&#233;nis de service, ou placer des attaques par interposition. Les contremesures propos&#233;es sont :&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; utilisation de SEND &lt;i&gt;(&#171; Secure Neighbor Discovery &#187;)&lt;/i&gt;, dont le d&#233;ploiement est lourd et complexe parce qu'il n&#233;cessite la mise en &#339;uvre d'une infrastructure de gestion de cl&#233;s (PKI) ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; d'autres m&#233;thodes, comme la journalisation &lt;i&gt;(monitoring)&lt;/i&gt; des op&#233;rations de d&#233;couverte de voisins ou le d&#233;ploiement de &lt;i&gt;RA-Guard (Router Advertisement Guard)&lt;/i&gt;, sont faciles &#224; contourner ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la restriction des acc&#232;s au r&#233;seau local, par exemple par filtrage des adresse MAC, est lourde, et parfois impossible, &#224; mettre en &#339;uvre.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt; Bref, la situation n'est pas meilleure qu'avec IPv4, et peut-&#234;tre m&#234;me l&#233;g&#232;rement pire, conclut Fernando Gont sur ce point.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Mythe n&#176; 5 : &#171; IPv6 est plus s&#251;r qu'IPv4, parce que la s&#233;curit&#233; fait partie de sa conception initiale, alors que pour IPv4 il s'agit d'un ajout apr&#232;s-coup. &#187; Ce mythe repose sur le fait que le support d'IPSec est obligatoire en IPv6 et facultatif en IPv4. Mais si le support est obligatoire, l'usage est facultatif ! De plus, les obstacles au d&#233;ploiement d'IPSec qui existent en IPv4 subsistent en IPv6, &#224; tel point que l'IETF envisage de renoncer &#224; l'obligation du support d'IPSec dans IPv6, ce qui devrait porter un coup fatal &#224; ce mythe.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;On peut conclure de cet expos&#233; qu'IPv6 n'apporte aucune solution
miracle de s&#233;curit&#233;, et qu'il est urgent de former les ing&#233;nieurs
r&#233;seau &#224; IPv6, parce que du fait des doubles piles protocolaires il est d&#233;j&#224; l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Gestionnaires de mots de passe pour iOS&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Andrey Belenko et Dmitry Sklyarov ont test&#233; pour vous des logiciels
de gestion de mots de passe pour Apple iOS, tant gratuits que payants.
Le r&#233;sultat n'est gu&#232;re encourageant, le plus s&#251;r semble encore de
s'en remettre aux outils standard fournis par Apple.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Recherche automatique de vuln&#233;rabilit&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nikita Tarakanov et Alex Bazhanyuk, qui participent au projet
&lt;a href=&quot;http://bitblaze.cs.berkeley.edu/&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;Bitblaze&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &lt;i&gt;(Binary Analysis for
Computer Security)&lt;/i&gt; de l'universit&#233; de Californie &#224; Berkeley, mettent &#224;
contribution la th&#233;orie des langages afin d'analyser des programmes
sous forme binaire qu'ils ex&#233;cutent dans le contexte d'une machine virtuelle pour en r&#233;cup&#233;rer la trace d'ex&#233;cution.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Leur approche combine analyse statique, analyse dynamique, ex&#233;cution
symbolique, m&#233;thodes formelles, instrumentation bianire... Ils &#233;tudient
la propagation de certaines propri&#233;t&#233;s du code et des donn&#233;es par une
m&#233;thode de &lt;i&gt;souillure (tainting)&lt;/i&gt;, et trouvent ainsi des points de
vuln&#233;rabilit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'&#233;tait tr&#232;s th&#233;orique, tr&#232;s savant, je n'irai pas plus loins dans ce compte-rendu et vous invite &#224; vous reporter &#224; la &lt;a href=&quot;http://2012.hackitoergosum.org/blog/wp-content/uploads/2012/04/HES2012-ntarakanov-SASV_ABazhanyuk.pdf&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;communication&lt;/a&gt; pour en savoir plus.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Conclusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Chaque fois que je mets les pieds dans une conf&#233;rence telle que
&lt;a href=&quot;http://2012.hackitoergosum.org/&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Hackito Ergo Sum&lt;/a&gt;, mais aussi
&lt;a href=&quot;https://www.sstic.org/2012/news/&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;SSTIC&lt;/a&gt;, je suis impressionn&#233; par la somme consid&#233;rable de comp&#233;tences
qui y sont r&#233;unies, et si je multiplie ce volume de comp&#233;tences par les
quarante et quelques ann&#233;es d'activit&#233; qui attendent ces tr&#232;s jeunes
chercheurs et ing&#233;nieurs, je me dis que l'avenir de notre soci&#233;t&#233; est l&#224;,
que c'est la nouvelle &#233;lite du pays (ou des pays, puisqu'en l'occurrence cette conf. &#233;tait internationale). L'ENA et le Corps des Ponts sont
morts et enterr&#233;s, mais ils ne le savent pas encore.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le lieu de l'&#233;v&#233;nement &#233;tait l'Espace Oscar Niemeyer, construit par cet
architecte br&#233;silien pour &#234;tre le si&#232;ge du Comit&#233; central du Parti communiste
fran&#231;ais. Les temps changent, et aujourd'hui la salle de conf&#233;rences est &#224; louer
pour de telles circonstances. Pour Hackito Ergo Sum, l'organisation &#233;tait entre
les mains de V&#233;ronique Loquet et de son agence &lt;a href=&quot;http://www.alx-communication.com/contact&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;AL'X Communication&lt;/a&gt;,
sp&#233;cialis&#233;e dans les logiciels libres et les hautes technologies, autant dire
qu'il ne manquait pas un bouton de gu&#234;tre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;N'oubliez pas de regarder l'&lt;a href=&quot;http://www.facebook.com/media/set/?set=a.10150678550830698.391800.746345697&amp;type=3&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;album photo&lt;/a&gt;, vous m'y verrez !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le b&#226;timent est un tr&#232;s bel endroit, dans un quartier sympathique
qui nous change agr&#233;ablement de la D&#233;fense et de la Porte Maillot.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Journ&#233;e S&#233;curit&#233; des Syst&#232;mes d'Information 2012</title>
		<link>http://www.laurent-bloch.org/spip.php?article235</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.laurent-bloch.org/spip.php?article235</guid>
		<dc:date>2012-04-24T03:28:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Bloch</dc:creator>



		<description>Les textes de la plupart des interventions sont sur le site de l'OSSIR : http://www.ossir.org/jssi/jssi2012/.... L'OSSIR est une association &#171; loi de 1901 &#187; qui, outre la JSSI, organise une r&#233;union mensuelle consacr&#233;e aux questions de s&#233;curit&#233;, d'acc&#232;s libre et gratuit Sommaire- Le r&#244;le de la prestation de services en s&#233;curit&#233; Philippe Bernard, RSSI de MBDA, second constructeur mondial de missiles, abordait en fait sous ce titre les probl&#232;mes pos&#233;s par l'intervention d'auditeurs de s&#233;curit&#233; (...)

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&lt;a href="http://www.laurent-bloch.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;Cyberstrat&#233;gie, Internet (&#233;volution, organisation et s&#233;curit&#233;)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les textes de la plupart des interventions sont sur le site de l'OSSIR : &lt;a href=&quot;http://www.ossir.org/jssi/jssi2012/index.shtml&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.ossir.org/jssi/jssi2012/...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'OSSIR est une association &#171; loi de 1901 &#187; qui, outre la JSSI, organise une r&#233;union mensuelle consacr&#233;e aux questions de s&#233;curit&#233;, d'acc&#232;s libre et gratuit&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Sommaire-&lt;/h3&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le r&#244;le de la prestation de services en s&#233;curit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Philippe Bernard, RSSI de MBDA, second constructeur mondial de missiles, abordait en fait sous ce titre les probl&#232;mes pos&#233;s par l'intervention d'auditeurs de s&#233;curit&#233; ext&#233;rieurs au sein d'une entreprise dont les activit&#233;s sont particuli&#232;rement sensibles du point de vue de la confidentialit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut distinguer trois types d'objectifs pour un audit de s&#233;curit&#233; : analyse des processus, contr&#244;le technique, documentation. Il s'agit de faire un point, un bilan, de v&#233;rifier l'&#233;volution du SI et de s'en servir comme argument pour justifier des investissements dans tel ou tel projet afin de le s&#233;curiser.
Le choix se fait souvent sur des crit&#232;res de r&#233;putation de la soci&#233;t&#233;, voir sur la r&#233;putation d'un individu particulier, et parfois les &#233;carts entre les auditeurs d'une m&#234;me soci&#233;t&#233; peuvent &#234;tre importants : qualit&#233; de contact, comp&#233;tences, implication... La qualit&#233; des contacts entre auditeurs et audit&#233;s est un facteur essentiel de succ&#232;s ou d'&#233;chec.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les liens de d&#233;pendance de la soci&#233;t&#233; candidate avec un pays &#233;tranger ou avec une soci&#233;t&#233; concurrente sont bien s&#251;r &#224; prendre en consid&#233;ration.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La d&#233;finition de la cible et la d&#233;termination de la m&#233;thodologie sont importantes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pendant l'audit, il faut obtenir l'acceptation des &#233;quipes qui sont audit&#233;es, et rester &#224; l'&#233;coute des besoins de l'auditeur.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Protection du site Charlie Hebdo par le logiciel NAXSI&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sum&#233; de la communication est ici : &lt;a href=&quot;http://www.n0secure.org/2012/03/jssi-2012-protection-du-site-charlie.html&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.n0secure.org/2012/03/jss...&lt;/a&gt;
L'hebdomadaire &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt; a fait appel &#224; la soci&#233;t&#233; NBS pour h&#233;berger et prot&#233;ger son site Web apr&#232;s une s&#233;rie d'attaques cons&#233;cutives &#224; des articles sur des sujets pol&#233;miques, des caricatures qui visaient des adeptes de la religion musulmane. (Je tiens &#224; pr&#233;ciser que si l'agression contre &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt; est odieuse, la publication des caricatures en question &#233;tait &#224; mes yeux inopportune, &#224; tout le moins. Dans son dernier livre &lt;i&gt;Les ennemis intimes de la d&#233;mocratie&lt;/i&gt;, le philosophe Tzvetan Todorov explique que publier des caricatures qui ridiculisent les puissants au pouvoir ou des caricatures qui ridiculisent une minorit&#233; en butte au racisme, ce n'est pas la m&#234;me chose, et cela n'a pas la m&#234;me valeur morale. Les premi&#232;res sont une conqu&#234;te de la libert&#233; d'expression, les secondes consistent &#224; hurler avec les loups.)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La plupart des syst&#232;mes de protection d'applications WEB (Web Application Firewall, WAF) sont en fait des antivirus, qui d&#233;tectent les acc&#232;s malveillants par comparaison avec des bases de donn&#233;es de signatures. Un des plus connus est mod_security, un module qui s'int&#232;gre &#224; un serveur Apache.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces syst&#232;mes ont des inconv&#233;nients : les bases de signatures sont volumineuses, leur consultation ralentit et alourdit le fonctionnement du site ; en outre, par d&#233;finition ils ne d&#233;tectent que des malveillances d&#233;j&#224; identifi&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;NAXSI est un WAF innovant sous licence libre, qui repose sur des principes diff&#233;rents et une d&#233;marche inductive positive : au lieu d'administrer une liste noire, la configuration de NAXSI passe par une phase d'apprentissage au cours de laquelle le syst&#232;me construit une &#171; liste blanche &#187; d'acc&#232;s l&#233;gitimes. NAXSI se base sur des profils d'acc&#232;s caract&#233;ristique des primitives de l'attaque, et sur un syt&#232;me de scores. NAXSI fonctionne en coop&#233;ration avec le logiciel serveur Nginx.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;NAXSI se contente de 42 (sic) r&#232;gles dont les principales correspondent aux attaques classiques : injection SQL, Cross-site scripting (XSS), chargement ill&#233;gal de fichier, Remote/Local File Inclusion (RFI/LFI), etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La mise en place sur le site de Charlie Hebdo s'est faite en une journ&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Aspects juridiques des tests d'intrusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.ossir.org/jssi/jssi2012/2A.pdf&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Fr&#233;d&#233;ric Connes&lt;/a&gt; est juriste au sein du cabinet HSC. L'ignorance de ce sujet peut conduire aux pires ennuis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Qu'a-t-on le droit de faire dans le cadre d'un audit ? Limites l&#233;gales, h&#233;bergement de l'application par un tiers, non respect du p&#233;rim&#232;tre, constatation d'infraction, secret professionnel, etc.
Les termes pour d&#233;signer un SI dans un contexte juridique sont : Syst&#232;me de traitement automatis&#233; de donn&#233;es. S'y introduire de fa&#231;on non autoris&#233;e tombe sous le coup de la loi 323-1. Il convient donc, pour &#233;viter cette emb&#251;che, de s'assurer de l'accord &#233;crit du propri&#233;taire du SI, rev&#234;tu d'une signature vraiment autoris&#233;e, et de mentionner les d&#233;tails de l'intervention dans un contrat en bonne et due forme. L'ANSSI a produit un r&#233;f&#233;rentiel sur le sujet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les questions de protection de la vie priv&#233;e doivent faire l'objet d'une attention particuli&#232;re. Si l'audit am&#232;ne la d&#233;couverte d'infractions, il faut savoir que si la d&#233;nonciation de crimes est une obligation l&#233;gale, celle de d&#233;lits ne l'est pas, sauf dans le cas de fonctionnaires dans l'exercice de leurs fonctions.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les injections No-SQL&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les bases de donn&#233;es No-SQL, telles mongoDB, CouchDB, SimpleDB, se r&#233;pandent rapidement, notamment pour administrer de fa&#231;on r&#233;partie de grands volumes de donn&#233;es peu structur&#233;es. Parmi les applications qui reposent sur de telles architectures, on peut citer YouTube, Twitter, Facebook, Amazon, Wikip&#233;dia...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le moteur NoSQL utilise un langage de requ&#234;tes, qui comme SQL peut faire l'objet d'une injection. L'auteur (Nicolas Viot) nous pr&#233;sente quelques d&#233;monstrations, en PHP ou en JavaScript.
Sans surprise, la premi&#232;re mesure de protection et la plus efficace consiste &#224; contr&#244;ler le format des donn&#233;es introduites par l'utilisateur.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;XML et s&#233;curit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cet expos&#233; de Nicolas Gr&#233;goire fut peut-&#234;tre le plus stimulant de la journ&#233;e. En effet, pour l'observateur peu averti, XML semble un objet bien innofensif, du m&#234;me ordre que HTML : ce langage n'est m&#234;me pas Turing-&#233;quivalent, c'est tout dire ! Eh bien personne ne pouvait plus penser ainsi &#224; l'issue de l'expos&#233;. XML offre des possibilit&#233;s bien plus grandes que celles de HTML, ainsi il permet d'int&#233;grer un namespace PHP pour appeler directement des fonctions PHP. En outre il embarque XSL, qui est lui un langage Turing-&#233;quivalent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par exemple, XML Data Package (XDP) est un format Adobe, qui peut contenir du PDF et du XFA ; du PDF peut embarquer du XDP ; on a donc un effet poup&#233;es russes qui offre une solution de camouflage tr&#232;s puissante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'auteur nous donna quelques d&#233;monstrations spectaculaires de ce qui &#233;tait possible en termes de d&#233;ni de service et d'intrusion avec XML et ses cousins XSL et XDP.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i&gt;Forensics Windows&lt;/i&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le but d'une autopsie est d'identifier le sc&#233;nario d'intrusion et de comprendre les actions de l'attaquant sur le syst&#232;me. Les sources d'investigations sont l'&#233;tat instantan&#233; du syst&#232;me, la base de registres, le syst&#232;me de fichiers, les journaux d'audit, etc.
Comme les outils disponibles pour l'autopsie &#233;taient rares, imparfaits et d'usage malcommode, Nicolas Hanteville et l'&#233;quipe de Devoteam se sont lanc&#233;s dans l'&#233;criture d'une bo&#238;te &#224; outils pour ce faire.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Conclusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce type de conf&#233;rence est un peu &#224; la cyberstrat&#233;gie ce que pourrait &#234;tre le salon du Bourget &#224; la strat&#233;gie a&#233;rienne : avoir une id&#233;e de ce que l'on peut faire avec les derniers mod&#232;les d'avions et de drones est assez indispensable pour ne pas se trouver gravement pris au d&#233;pourvu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.ossir.org/jssi/jssi2012/index.shtml" class="spip_out"&gt;Les actes sur le site de l'OSSIR&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Installer un serveur Subversion sur un serveur Linux</title>
		<link>http://www.laurent-bloch.org/spip.php?article234</link>
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		<dc:date>2012-04-18T15:29:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Bloch</dc:creator>



		<description>D'autres articles sur les applications des NAS : Quelques d&#233;finitions : NFS, SAN et NAS, Configurer le NAS DS-106e de Synology, Installer un serveur de boot sur un NAS DS-106e de Synology. #Sommaire- Apr&#232;s avoir d&#233;crit les syst&#232;mes de gestion de version (VCS) dans un premier article, puis un second, voici le passage &#224; la pratique. Subversion est un VCS centralis&#233;, sucesseur de CVS dont il reprend toutes les fonctions en en corrigeant les principales lacunes. Se procurer un livre sur (...)

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&lt;a href="http://www.laurent-bloch.org/spip.php?rubrique20" rel="directory"&gt;Bo&#238;te &#224; outils&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&quot;float:right;width:30%;padding:5px;margin-left:5px;border:1px solid&quot;&gt;
&lt;strong&gt;D'autres articles sur les applications des NAS :&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Quelques d&#233;finitions : &lt;a href=&quot;http://www.laurent-bloch.org/spip.php?article121&quot; class='spip_in'&gt;NFS, SAN et NAS&lt;/a&gt;,&lt;br&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.laurent-bloch.org/spip.php?article122&quot; class='spip_in'&gt;Configurer le NAS DS-106e de Synology&lt;/a&gt;,&lt;br&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.laurent-bloch.org/spip.php?article139&quot; class='spip_in'&gt;Installer un serveur de boot sur un NAS DS-106e de Synology&lt;/a&gt;.
&lt;/div&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;#Sommaire-&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir d&#233;crit les syst&#232;mes de gestion de version (VCS) dans un &lt;a href=&quot;http://www.laurent-bloch.org/spip.php?article93&quot; class='spip_in'&gt;premier article&lt;/a&gt;, puis &lt;a href=&quot;http://www.laurent-bloch.org/spip.php?article103&quot; class='spip_in'&gt;un second&lt;/a&gt;, voici le passage &#224; la pratique. Subversion est un VCS centralis&#233;, sucesseur de CVS dont il reprend toutes les fonctions en en corrigeant les principales lacunes.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Se procurer un livre sur Subversion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si les &lt;a href=&quot;http://www.laurent-bloch.org/spip.php?article93&quot; class='spip_in'&gt;syst&#232;mes de gestion de version&lt;/a&gt; sont des logiciels utiles, et m&#234;me indispensables, ils ne sont pas pour autant faciles &#224; comprendre et simples &#224; utiliser. Se procurer un livre o&#249; c'est bien expliqu&#233; n'est pas du luxe. Vous pouvez t&#233;l&#233;charger le &lt;a href=&quot;http://svnbook.org/&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Subversion Book&lt;/a&gt; sur le site &lt;a href=&quot;http://svnbook.org/&quot; class='spip_url spip_out' rel='external'&gt;http://svnbook.org/&lt;/a&gt; : il a l'avantage d'&#234;tre gratuit, l'inconv&#233;nient d'&#234;tre en anglais, et personnellement je le trouve assez complet mais plut&#244;t confus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aussi vous conseillerais-je le livre de Bernard Desgraupes &lt;i&gt;Subversion &#8211; Contr&#244;le de version des projets collaboratifs&lt;/i&gt;, chez Vuibert, beaucoup plus clair.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;N'oubliez pas non plus de visiter le &lt;a href=&quot;http://subversion.apache.org/&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;site officiel de Subversion&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Installer Subversion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re chose &#224; faire est bien s&#251;r d'installer Subversion, qui dans la Debian dont je dispose vient en deux paquets : &lt;tt&gt;subversion&lt;/tt&gt; et &lt;tt&gt;subversion-tools&lt;/tt&gt;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Choisir un type de serveur : Apache ou SSH ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un serveur Subversion peut fonctionner avec trois types de serveurs : &lt;tt&gt;svn&lt;/tt&gt;, protocole maison avec serveur &lt;tt&gt;svnserve&lt;/tt&gt;, serveur Web (Apache) ou serveur &lt;tt&gt;svn+ssh&lt;/tt&gt;, le protocole maison encapsul&#233; dans SSH. C'est cette derni&#232;re solution que j'ai choisie, plus s&#251;re que &lt;tt&gt;svnserve&lt;/tt&gt; tout seul, et peut-&#234;tre plus l&#233;g&#232;re qu'un serveur Web. En outre je disposais d&#233;j&#224; du serveur SSH.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Configurer SSH sur les ordinateurs clients&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sur mes serveurs j'ai configur&#233; les serveurs &lt;tt&gt;ssh&lt;/tt&gt; de fa&#231;on &#224; ce qu'ils &#233;coutent sur un port de num&#233;ro diff&#233;rent du standard qui est 22 : ceci limite consid&#233;rablement le nombre d'attaques par scan de port. Cela se fait en &#233;crivant dans le fichier &lt;tt&gt;/etc/ssh/sshd_config&lt;/tt&gt; :&lt;/p&gt; &lt;form action='' method='get'&gt;&lt;div&gt;
&lt;input type='hidden' name='exec' value='' /&gt;
&lt;textarea readonly='readonly' cols='40' rows='2' class='spip_cadre' dir='ltr'&gt;Port 933&lt;/textarea&gt;&lt;/div&gt;&lt;/form&gt; &lt;p&gt;au lieu de &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;Port 22&lt;/code&gt; de la configuration par d&#233;faut.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ceci va obliger les clients &#224; s'adapter &#224; ce num&#233;ro de port. Il est commode et &#233;l&#233;gant de cr&#233;er dans son r&#233;pertoire sur l'ordinateur client un fichier de configuration &lt;tt&gt;.ssh/config&lt;/tt&gt; qui pourra comporter l'entr&#233;e suivante :&lt;/p&gt; &lt;form action='' method='get'&gt;&lt;div&gt;
&lt;input type='hidden' name='exec' value='' /&gt;
&lt;textarea readonly='readonly' cols='40' rows='6' class='spip_cadre' dir='ltr'&gt;host svn1 Hostname serveur-nas.laurentbloch.org Port 933 ForwardAgent no ForwardX11 no User lbloch&lt;/textarea&gt;&lt;/div&gt;&lt;/form&gt; &lt;p&gt;Ce sera toujours &#231;a de moins &#224; taper.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Cr&#233;er le d&#233;p&#244;t Subversion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme le dit fort bien le livre, il faut maintenant cr&#233;er un goupe &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;subversion&lt;/code&gt; et y enr&#244;ler les utilisateurs ; attention &#224; la commande &lt;tt&gt;usermod&lt;/tt&gt;, il faut r&#233;p&#233;ter les noms des groupes auxquels chaque utilisateur appartient d&#233;j&#224;, sinon il en sera retir&#233;, et si c'&#233;tait l'appartenance &#224; ce groupe (&lt;tt&gt;admin&lt;/tt&gt; par exemple) qui lui conf&#233;rait dans &lt;tt&gt;/etc/sudoers&lt;/tt&gt; les privil&#232;ges syst&#232;me pour utiliser &lt;tt&gt;sudo&lt;/tt&gt;, il y aura du grabuge, et le livre n'a pas pr&#233;venu :&lt;/p&gt; &lt;form action='' method='get'&gt;&lt;div&gt;
&lt;input type='hidden' name='exec' value='' /&gt;
&lt;textarea readonly='readonly' cols='40' rows='3' class='spip_cadre' dir='ltr'&gt;sudo /usr/sbin/groupadd subversion sudo /usr/sbin/usermod -G admin,users,subversion lbloch sudo /usr/sbin/usermod -G users,subversion gontran&lt;/textarea&gt;&lt;/div&gt;&lt;/form&gt; &lt;p&gt;Cr&#233;ation du d&#233;p&#244;t, auquel on conf&#232;re les appartenances et les permissions qui conviennent, en l'occurrence le groupe propri&#233;taire est &lt;tt&gt;subversion&lt;/tt&gt;, le d&#233;p&#244;t est accessible en lecture et en &#233;criture aux membres du groupe, le &lt;i&gt;sticky bit&lt;/i&gt; (1 dans les arguments de &lt;tt&gt;chmod&lt;/tt&gt;) est positionn&#233; pour &#233;viter que soient cr&#233;&#233;s dans le d&#233;p&#244;t des fichiers qui n'appartiendraient pas au groupe :&lt;/p&gt; &lt;form action='' method='get'&gt;&lt;div&gt;
&lt;input type='hidden' name='exec' value='' /&gt;
&lt;textarea readonly='readonly' cols='40' rows='3' class='spip_cadre' dir='ltr'&gt;svnadmin create /users/lbloch/Svn_Home chgrp -R subversion /users/lbloch/Svn_Home chmod -R 1770 /users/lbloch/Svn_Home&lt;/textarea&gt;&lt;/div&gt;&lt;/form&gt; &lt;p&gt;Voil&#224;, si tout s'est bien pass&#233;, le d&#233;p&#244;t est fonctionnel et accessible, il n'y a plus qu'&#224; l'utiliser.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Cr&#233;er un projet Subversion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je me place maintenant sur l'ordinateur client, dans le r&#233;pertoire qui abrite les fichiers qui constituent le projet &#224; d&#233;poser aux bons soins du serveur Subversion. Il est prudent de commencer par d&#233;truire tous les fichiers temporaires que l'on ne souhaite pas retrouver dans le d&#233;p&#244;t, cela &#233;vitera d'avoir &#224; les en retirer un par un ult&#233;rieurement. Et il n'y a plus qu'&#224; agir ; si le projet s'appelle &lt;tt&gt;SecuritePratique&lt;/tt&gt; (et en g&#233;n&#233;ral le r&#233;pertoire sera lui-m&#234;me nomm&#233; &lt;tt&gt;SecuritePratique&lt;/tt&gt;) cela donne (sur une seule ligne) :&lt;/p&gt; &lt;form action='' method='get'&gt;&lt;div&gt;
&lt;input type='hidden' name='exec' value='' /&gt;
&lt;textarea readonly='readonly' cols='40' rows='2' class='spip_cadre' dir='ltr'&gt;svn import -m &quot;Creation du projet SecuritePratique&quot; svn+ssh://svn1/users/lbloch/Svn_Home/SecuritePratique/&lt;/textarea&gt;&lt;/div&gt;&lt;/form&gt; &lt;p&gt;Cette commande (sur une seule ligne) cr&#233;era dans le d&#233;p&#244;t &lt;tt&gt;Svn_Home&lt;/tt&gt; sur la machine d&#233;sign&#233;e par l'identifiant &lt;tt&gt;svn1&lt;/tt&gt; dans le fichier &lt;tt&gt;.ssh/config&lt;/tt&gt; un projet &lt;tt&gt;SecuritePratique&lt;/tt&gt;, et y archivera tous les fichiers du r&#233;pertoire duquel est lanc&#233; la commande, y compris les sous-r&#233;pertoires et leur contenu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une fois cela fait, la chose &#224; faire est de renommer le r&#233;pertoire d'origine de &lt;tt&gt;SecuritePratique&lt;/tt&gt; en &lt;tt&gt;SecuritePratique.old&lt;/tt&gt; et de cr&#233;er &#224; partir de l'archive une copie neuve et fra&#238;che du projet, ainsi :&lt;/p&gt; &lt;form action='' method='get'&gt;&lt;div&gt;
&lt;input type='hidden' name='exec' value='' /&gt;
&lt;textarea readonly='readonly' cols='40' rows='2' class='spip_cadre' dir='ltr'&gt;svn co svn+ssh://svn1/users/lbloch/Svn_Home/SecuritePratique/&lt;/textarea&gt;&lt;/div&gt;&lt;/form&gt; &lt;p&gt;C'est le moyen d'avoir tout bien configur&#233; comme il faut dans un sous-r&#233;pertoire &lt;tt&gt;.svn&lt;/tt&gt;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;T&#233;l&#233;charger le contenu du projet&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sur une autre machine je souhaite installer une copie du projet &lt;tt&gt;SecuritePratique&lt;/tt&gt; ; voici :&lt;/p&gt; &lt;form action='' method='get'&gt;&lt;div&gt;
&lt;input type='hidden' name='exec' value='' /&gt;
&lt;textarea readonly='readonly' cols='40' rows='2' class='spip_cadre' dir='ltr'&gt;svn co svn+ssh://svn1/users/lbloch/Svn_Home/SecuritePratique/&lt;/textarea&gt;&lt;/div&gt;&lt;/form&gt; &lt;p&gt;Cette commande cr&#233;e, &#224; l'endroit d'o&#249; elle est &#233;mise, un r&#233;pertoire &lt;tt&gt;SecuritePratique&lt;/tt&gt; qui contient les fichiers du projet.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La commande magique pour visionner les modifications&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La seule vraie sup&#233;riorit&#233; de Word/OpenOffice/LibreOffice sur LaTeX, c'est le mode r&#233;vision, qui permet de visionner instantan&#233;ment les modifications apport&#233;es par le dernier auteur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avec LaTeX, vi ou emacs et Subversion, il y a quand m&#234;me un outil qui permet de visionner les modifications sans ambigu&#239;t&#233;, et m&#234;me &#224; l'usage c'est sup&#233;rieur au mode r&#233;vision de Word, vite tr&#232;s confus s'il y a beaucoup de petites modifications : c'est &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;tkdiff&lt;/code&gt;, qui s'utilise avec la commande magique ci-dessous (312 &#233;tant le num&#233;ro de la version &#224; comparer avec la version courante, obtenu par &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;svn status -v premiers-principes.tex&lt;/code&gt;) :&lt;/p&gt; &lt;form action='' method='get'&gt;&lt;div&gt;
&lt;input type='hidden' name='exec' value='' /&gt;
&lt;textarea readonly='readonly' cols='40' rows='2' class='spip_cadre' dir='ltr'&gt;svn diff -r312 --diff-cmd=tkdiff premiers-principes.tex&lt;/textarea&gt;&lt;/div&gt;&lt;/form&gt; &lt;p&gt;Voil&#224;, Subversion est un syst&#232;me centralis&#233;, avec les inconv&#233;nients signal&#233;s dans l'&lt;a href=&quot;http://www.laurent-bloch.org/spip.php?article103&quot; class='spip_in'&gt;article pr&#233;c&#233;dent&lt;/a&gt;, mais ausi ses avantages ; en effet, sous r&#233;serve de pouvoir acc&#233;der au site qui l'h&#233;berge, le d&#233;p&#244;t unique et central est commode, parce qu'avec les syst&#232;mes d&#233;centralis&#233;s on est quand m&#234;me souvent en train de faire des synchronisations dans tous les sens, avec le risque de se tromper de sens, et ainsi de cr&#233;er des situations d&#233;licates &#224; r&#233;parer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bonne Subversion !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Comp&#233;titivit&#233; et industrie</title>
		<link>http://www.laurent-bloch.org/spip.php?article233</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.laurent-bloch.org/spip.php?article233</guid>
		<dc:date>2012-04-05T13:28:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Bloch</dc:creator>



		<description>Sommaire- La revue Commentaire, dans son num&#233;ro 137 (printemps 2012), propose un dossier coordonn&#233; par Bertrand Collomb et consacr&#233; &#224; la question de la comp&#233;titivit&#233; de l'industrie fran&#231;aise. L'analyse part de la constatation que dans le monde contemporain les objets des &#233;changes sur les march&#233;s sont des assemblages complexes de biens et de services, r&#233;alis&#233;s selon des processus qui voient les objets en cours d'&#233;laboration passer dans plusieurs pays au gr&#233; des avantages comp&#233;titifs des uns et des autres, (...)

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&lt;a href="http://www.laurent-bloch.org/spip.php?rubrique25" rel="directory"&gt;&#201;conomie et perspectives de l'informatique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Sommaire-&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La revue &lt;i&gt;Commentaire&lt;/i&gt;, dans son num&#233;ro 137 (printemps 2012), propose
un dossier coordonn&#233; par Bertrand Collomb et consacr&#233; &#224; la question de
la comp&#233;titivit&#233; de l'industrie fran&#231;aise. L'analyse part de la
constatation que dans le monde contemporain les objets des &#233;changes
sur les march&#233;s sont des assemblages complexes de biens et de services,
r&#233;alis&#233;s selon des processus qui voient les objets en cours
d'&#233;laboration passer dans plusieurs pays au gr&#233; des avantages comp&#233;titifs
des uns et des autres, ce qui rend illusoires les statistiques traditionnelles
du commerce ext&#233;rieur, et impose une analyse par fili&#232;res, voire, comme
le recommande Michel Volle (qui devrait retrouver dans ces articles
certaines de ses id&#233;es), des monographies.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le secteur des t&#233;l&#233;coms&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le premier article, sign&#233; d'Olivier Coste, ancien secr&#233;taire du comit&#233;
ex&#233;cutif d'Alcatel Lucent, est consacr&#233; au secteur des t&#233;l&#233;coms. Tout le
monde conna&#238;t les bouleversements de ce secteur : fin des monopoles,
apparition de l'Internet et de la t&#233;l&#233;phonie mobile, g&#233;n&#233;ralisation de la
t&#233;l&#233;phonie IP. Moins apparents sont les s&#233;ismes qui ont ravag&#233; le
monde des entreprises productrices.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En l'an 2000, de fa&#231;on surprenante, les entreprises europ&#233;ennes sont
au premier rang : Alcatel, Siemens, Ericsson et Nokia ont pu tenir la
drag&#233;e haute aux nord-am&#233;ricains Nortel, Lucent, Motorola et
Cisco. Ces huit entreprises se partagent un march&#233; mondial de 150 &#224;
200 milliards d'euros. Des normes europ&#233;ennes (GSM, UMTS) se sont
impos&#233;es dans le monde entier. La domination de Nokia sur le march&#233; du
t&#233;l&#233;phone portable est &#233;crasante. Et en moins de dix ans tout cela va
&#234;tre balay&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 2010, nous d&#233;couvrons un paysage tout diff&#233;rent : Alcatel et Lucent
ont fusionn&#233; et sont pass&#233;s d'un CA de 60 milliards d'euros (&#224; eux
deux) &#224; 15 milliards, avec la suppression de 150 000 emplois.
Nokia et Siemens ont des difficult&#233;s, Nortel (32 milliards d'euros en
2000) a fait faillite, Motorola brade ses activit&#233;s dans le secteur,
seuls Ericsson et Cisco surnagent, essentiellement dans les mat&#233;riels
de c&#339;ur de r&#233;seau. Cependant sont apparus Huawei (3 milliards d'euros
en 2000, 21 en 2010) et ZTE, inexistant en 2000, d&#233;j&#224; 7 milliards en
2010. Quant au march&#233; du t&#233;l&#233;phone portable, Apple l'a totalement
boulevers&#233; en lan&#231;ant l'iPhone en 2007, ce qui fait passer sa capitalisation
boursi&#232;re de 90 &#224; 360 milliards d'euros, cependant que celle de Nokia
chute de 150 &#224; 22 milliards.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Encore plus &#233;tonnant, non seulement Huawei et ZTE sont moins chers,
ce qui &#233;tait pr&#233;visible, mais ils sont meilleurs, ce qui n'&#233;tait pas attendu
si t&#244;t. Leurs mat&#233;riels sont en avance sur ceux de leurs concurrents
occidentaux. En fait, d'apr&#232;s une communication personnelle d'un
consultant qui les conna&#238;t bien, le probl&#232;me de Huawei, c'est de ne
pas devenir trop t&#244;t le num&#233;ro 1.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Olivier Coste indique que l'innovation continue est la cl&#233; de cette
industrie, o&#249; il faut d&#233;penser 15% de son chiffres d'affaires en R&amp;D ;
il nous invite alors &#224; distinguer l'innovation incr&#233;mentale, o&#249;
excellaient les entreprises europ&#233;ennes avant d'y &#234;tre supplant&#233;es par
les Chinois, de l'innovation de rupture, dont les Am&#233;ricains sont
encore les champions, ce qui leur a permis de compenser le naufrage de
Nortel, Lucent et Motorola par l'&#233;mergence de Google et de Facebook et
par l'essor d'Apple.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les Europ&#233;ens r&#233;ussissent peu dans l'innovation de rupture : changer cet &#233;tat de fait imposerait des efforts financiers importants des pouvoirs
publics et des entreprises pour stimuler la recherche et pour accro&#238;tre
les effectifs de chercheurs et d'ing&#233;nieurs de talent, mais les moyens
mat&#233;riels ne suffisent pas, il y faudrait une v&#233;ritable r&#233;volution
culturelle et &#233;ducative.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En outre, lancer un projet innovant comporte un risque &#233;lev&#233; : une
entreprise cr&#233;&#233;e &#224; cet effet est expos&#233;e &#224; un risque &#233;lev&#233; de fermer
pr&#233;matur&#233;ment. Et dans ce cas, les l&#233;gislations sociales europ&#233;ennes
constituent un d&#233;savantage comparatif, qui rendent plus difficile le r&#233;emploi
rapide des hommes et du capital pour un autre projet. Pour le dire plus
cr&#251;ment, sous d'autres cieux une entreprise de ce type peut &#234;tre ferm&#233;e
en quinze jours et le personnel remerci&#233;, alors qu'en France il y faut un an &#224; dix-huit mois et des formalit&#233;s co&#251;teuses, ce qui incite &#224; cr&#233;er les
startups ailleurs. Mais on pourrait peut-&#234;tre se demander si les ing&#233;nieurs
innovants dans les secteurs de pointe ont besoin de la m&#234;me protection
sociale que les ouvriers du b&#226;timent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Am&#233;liorer nos performances en innovation incr&#233;mentale pour relever les
d&#233;fis chinois et indiens (sans oublier les Russes, les Polonais, les
Tha&#239;s...) demanderait que soient revaloris&#233;es les professions
techniques et les formations qui y m&#232;nent, ce qui serait, en France en
tout cas, une autre r&#233;volution culturelle et &#233;ducative.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En d&#233;finitive, le contrat social fran&#231;ais place la France en mauvaise position pour les deux formes d'innovation.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Renault et les industries manufacturi&#232;res&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le second article, de Patrick P&#233;lata, ancien directeur des op&#233;rations
de Renault, d&#233;crit, &#224; travers les difficult&#233;s travers&#233;es par Renault, celles
des industries manufacturi&#232;res fran&#231;aises, et les rem&#232;des qui pourraient
leur &#234;tre apport&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La comparaison entre les trajectoires des constructeurs automobiles
fran&#231;ais et celles des Allemands est cruelle : pour chaque succ&#232;s de
ceux-ci on peut mettre en regard une erreur de ceux-l&#224;. De 1998 &#224; 2011
la part de l'industrie dans la valeur ajout&#233;e nationale est pass&#233;e de
22% &#224; 16%, cependant qu'elle est de 30% en Allemagne. Dans le
m&#234;me temps, la part de l'industrie fran&#231;aise dans les exportations de
la zone euro passait de 17% &#224; 12%. Ce d&#233;clin est sp&#233;cifiquement
fran&#231;ais, si l'on consid&#232;re la position de l'Europe, m&#234;me en en
retirant l'Allemagne, elle s'est maintenue par rapport au reste du
monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les Allemands ont pris des d&#233;cisions majeures pour r&#233;duire le co&#251;t du
travail, installer des usines en Europe de l'Est et investir les
march&#233;s asiatiques, qui leur ont apport&#233; de grands succ&#232;s. Les
constructeurs fran&#231;ais et les pouvoirs publics ont pris des
orientations moins efficaces et plus tardives. Il n'est gu&#232;re douteux
que pour des industries manufacturi&#232;res comme l'automobile le succ&#232;s
ne soit, au moins pour partie, dans la production dans des pays &#224; co&#251;t
de main d'&#339;uvre plus bas qu'en France. Et les march&#233;s en croissance
sont dans les pays &#233;mergents.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le nouveau commerce mondial&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pascal Lamy, Directeur g&#233;n&#233;ral de l'Organisation mondiale du commerce,
signe le troisi&#232;me article de ce dossier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s un rappel des &#233;volutions de la demande et des r&#233;glementations qui
ont suscit&#233; l'accroissement consid&#233;rable des &#233;changes commerciaux
internationaux, l'auteur se penche sur l'approfondissement de la division
internationale du travail. Au nombre des inventions majeures qui ont
contribu&#233; &#224; ce bouleversement, l'Internet bien s&#251;r, mais aussi, plus discret,
le conteneur, qui a divis&#233; par cinquante les co&#251;ts de transport, et qui a
permis de ramener la gestion du transport des marchandises &#224; la gestion
de l'information qui les concerne, c'est-&#224;-dire &#224; ce que le commerce
mondial se r&#233;organise autour de l'Internet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette facilitation des &#233;changes a permis que les biens offerts sur le
march&#233;, qui sont maintenant des assemblages de biens et de services,
soient &#233;labor&#233;s par un ensemble d'entreprises internationales, chacune
r&#233;alisant une op&#233;ration intellectuelle, physique ou commerciale et &#171; exportant &#187; le produit semi-fini vers l'entreprise suivante dans la
cha&#238;ne de production. Les statistiques du commerce international, qui
enregistrent &#224; chaque franchissement de fronti&#232;re la valeur totale du
bien en cours de fabrication, sont donc largement fauss&#233;es par cette
situation, qui demanderait que soient comptabilis&#233;es les valeurs
ajout&#233;es &#224; chaque &#233;tape. L'exemple des produits d'Apple illustre
particuli&#232;rement bien ce m&#233;canisme, il a &#233;t&#233; d&#233;crit par Charles Duhigg
et Keith Bradsher dans un article du &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; du 22 janvier
2012, &lt;a href=&quot;http://www.nytimes.com/2012/01/22/business/apple-america-and-a-squeezed-middle-class.html?pagewanted=all&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;How the U.S. Lost Out on iPhone
Work&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lamy insiste sur les r&#233;formes n&#233;cessaires du syst&#232;me statistique destin&#233; &#224;
rendre compte du commerce international, mais aussi des r&#232;gles de
nomenclature et d'&#233;tiquetage des produits selon leur origine, ainsi bien
s&#251;r que des analyses &#233;conomiques qui s'y rattachent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il r&#233;voque ensuite quelques id&#233;es re&#231;ues sur la place et le r&#244;le de
l'Europe dans le commerce international.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi, la part de l'Europe dans le march&#233; mondial du commerce
international s'est stabilis&#233;e &#224; 19%, alors que dans le m&#234;me temps
celle des &#201;tats-Unis passait de 19% &#224; 13%, et celle du Japon de 15% &#224;
9%. Contrairement &#224; ce que l'on entend souvent, l'Europe n'est pas
une libre-&#233;changiste na&#239;ve, qui ouvrirait grande la porte aux importations
de pays ferm&#233;s &#224; ses exportations : l'UE dispose des m&#234;mes barri&#232;res que
les autres, droits de douane, quotas d'importation, droits anti-dumping,
obligations de respect de normes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par contre, la productivit&#233; du travail a progress&#233; moins vite en
Europe qu'aux &#201;tats-Unis : 1,4% de 1995 &#224; 2005, contre 2%. Pour
l'essentiel c'est la productivit&#233; des &lt;i&gt;services&lt;/i&gt; qui p&#232;se dans cette
diff&#233;rence, plus que celle de l'industrie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La part de la France dans le march&#233; mondial, hors UE, est tomb&#233;e de
2,8% &#224; 2,3%. De 1980 &#224; 2007, l'industrie a perdu 36% de ses effectifs,
et le poids de l'industrie dans le PIB est pass&#233; de 24% &#224; 16%, cependant
que le PIB augmentait de 75%.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les avis selon lesquels les salaires fran&#231;ais seraient trop &#233;lev&#233;s, ou
les horaires de travail insuffisants, ou les normes sociales trop
s&#233;v&#232;res, ne sont pas confirm&#233;s par la comparaison avec la situation
allemande.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est en fait du c&#244;t&#233; de la &#171; comp&#233;titivit&#233; hors-prix &#187; qu'il faut
chercher les raisons du d&#233;calage de croissance entre la France et des
pays qui r&#233;ussissent mieux, comme l'Allemagne, en examinant des
facteurs tels que la qualit&#233; (r&#233;elle ou ressentie), le niveau de
gamme, le caract&#232;re innovant, le service apr&#232;s-vente, les d&#233;lais de
livraison, l'image de marque, etc. La comp&#233;titivit&#233; hors-prix a un
effet positif direct sur la productivit&#233; horaire du travail,
puisqu'elle permet de vendre plus cher le produit de chaque heure de
travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pascal Lamy examine plus particuli&#232;rement le retard fran&#231;ais en termes
d'innovation. En moyenne les pays de l'UE consacrent &#224; la R&amp;D 1,85% de
leur PIB ; la France 2,1%, l'Allemagne 2,8%, les pays d'Europe du Nord
plus de 3%. L'effort fran&#231;ais dans ce domaine a m&#234;me diminu&#233; depuis
1993, o&#249; il &#233;tait de 2,4%. De surcro&#238;t, l'Allemagne peut compter sur
un solide r&#233;seau de PME innovantes, exportatrices et r&#233;actives, alors
que de ce point de vue la France est fort mal plac&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comment redresser cette situation ? Les r&#233;ponses ne sont pas
particuli&#232;rement originales, il faudrait seulement les &#233;couter : effort accru de financement de la recherche (publique et priv&#233;e)
et de l'enseignement sup&#233;rieur, valorisation des professions techniques et des &#233;tudes qui y m&#232;nent, am&#233;lioration de la
productivit&#233; des services, notamment dans le domaine de la
logistique. L'auteur recommande &#233;galement de s'int&#233;resser &#224; l'am&#233;lioration de l'environnement global des entreprises et &#224;
l'&#233;cosyst&#232;me de l'innovation et de la qualit&#233; : prix de l'immobilier,
ma&#238;trise de la consommation d'&#233;nergie, coop&#233;ration entre les
entreprises.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>L'informatique embarqu&#233;e du premier sous-marin nucl&#233;aire fran&#231;ais</title>
		<link>http://www.laurent-bloch.org/spip.php?article222</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.laurent-bloch.org/spip.php?article222</guid>
		<dc:date>2012-03-30T18:46:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Bloch</dc:creator>



		<description>De 1963 &#224; 1970, le Service technique des constructions et armes navales (STCAN) con&#231;oit et r&#233;alise, avec des calculateurs embarqu&#233;s &#224; bord du premier sous-marin nucl&#233;aire fran&#231;ais &#171; Le Redoutable &#187;, deux syst&#232;mes d'aide &#224; la navigation : un p&#233;riscope de vis&#233;e astrale (PVA) et un syst&#232;me azim&#233;trique de pr&#233;sentation de la situation tactique. Claude Kaiser, professeur &#233;m&#233;rite d'informatique au CNAM, &#233;tait &#224; l'&#233;poque Ing&#233;nieur du g&#233;nie maritime, fra&#238;chement &#233;moulu de Polytechnique et de l'&#201;cole nationale (...)

-
&lt;a href="http://www.laurent-bloch.org/spip.php?rubrique13" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De 1963 &#224; 1970, le Service technique des constructions et armes
navales (STCAN) con&#231;oit et r&#233;alise, avec des calculateurs embarqu&#233;s &#224;
bord du premier sous-marin nucl&#233;aire fran&#231;ais &#171; Le Redoutable &#187;, deux
syst&#232;mes d'aide &#224; la navigation : un p&#233;riscope de vis&#233;e astrale (PVA)
et un syst&#232;me azim&#233;trique de pr&#233;sentation de la situation
tactique. Claude Kaiser, professeur &#233;m&#233;rite d'informatique au CNAM,
&#233;tait &#224; l'&#233;poque Ing&#233;nieur du g&#233;nie maritime, fra&#238;chement &#233;moulu de
Polytechnique et de l'&#201;cole nationale sup&#233;rieure du g&#233;nie maritime, et
membre de l'&#233;quipe de d&#233;veloppement de ces syst&#232;mes. Il a relat&#233; cette
exp&#233;rience passionnante dans un livre concis et illustr&#233;, &lt;i&gt;Le Centre de calcul C&#339;lacanthe&lt;/i&gt;,
que vous pouvez commander en ligne aux &lt;a href=&quot;http://www.ilv-edition.com/&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;&#201;ditions ILV&lt;/a&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Centre de calcul Coelacanthe 1963-1970, Claude Kaiser, http://www.ilv-edition.co' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]. Claude Kaiser a &#233;galement cr&#233;&#233; &lt;a href=&quot;http://cedric.cnam.fr/~claude/HALIOTIS/&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;un site&lt;/a&gt; avec des photos et des documents authentiques, et le livre &#224; t&#233;l&#233;charger.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'expression m&#234;me &#171; p&#233;riscope de vis&#233;e astrale &#187; fait r&#234;ver : le
sous-marin nucl&#233;aire navigue pendant des mois sous les eaux, seule sa
centrale de navigation par inertie lui permet de conna&#238;tre sa
position, mais de temps en temps il faut corriger les d&#233;rives
&#233;ventuelles de celle-ci, et alors le sous-marin se rapproche de la
surface jusqu'&#224; laisser &#233;merger le fr&#234;le sommet du p&#233;riscope de vis&#233;e
astrale, il scrute furtivement une &#233;toile, puis replonge. Le programme
informatique, &#224; partir des donn&#233;es recueillies et des tables du bureau
des longitudes, calculera une position exacte. On peut imaginer que
cette vis&#233;e ait lieu au milieu des glaces de la banquise arctique...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais l'azim&#233;trie n'est pas moins fascinante : le sous-marin doit rep&#233;rer
la position et les d&#233;placements des vaisseaux qui pourraient l'entourer,
mais comme il doit aussi rester furtif, il ne peut recourir qu'&#224; des moyens
d'&#233;coute passifs, qui ne fournissent que des azimuts. L'azim&#233;trie consiste
&#224; calculer les autres param&#232;tres caract&#233;ristiques (distance, route, vitesse)
&#224; partir de mesures successives d'azimuts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La propagation du son dans l'eau de mer varie selon la temp&#233;rature, la
pression et la salinit&#233; de l'eau. Le relev&#233; du gradient de la temp&#233;rature
(la bathythermie) permet de d&#233;tecter les inversions de gradient, situations
qui cr&#233;ent une sorte de guide d'ondes sonores capable de propager le son
&#224; de tr&#232;s grandes distances : le sous-marin doit &#233;viter leur voisinage, et
pour ce faire calculer la bathythermie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il fallait &#224; tous ces travaux beaucoup de science : les calculs n'&#233;taient pas
simples, les ordinateurs &#233;taient d'une puissance d&#233;risoire &#224; l'aune de ceux
d'aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si vous avez r&#234;v&#233; en lisant &lt;i&gt;20 000 lieues sous les mers&lt;/i&gt;, ce petit
livre est pour vous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Centre de calcul Coelacanthe 1963-1970, Claude Kaiser, &lt;a href=&quot;http://www.ilv-edition.com/librairie/centre-calcul-coelacanthe-1963-1970.html&quot; class='spip_url spip_out' rel='external'&gt;http://www.ilv-edition.com/librairi...&lt;/a&gt;, 82 p., 9 euros.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>L'horloge, &#233;l&#233;ment-cl&#233; des processeurs</title>
		<link>http://www.laurent-bloch.org/spip.php?article221</link>
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		<dc:date>2012-03-26T19:36:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Bloch</dc:creator>


		<dc:subject>microprocesseur</dc:subject>
		<dc:subject>circuit logique</dc:subject>
		<dc:subject>processeur</dc:subject>

		<description>Sommaire- Organisation g&#233;n&#233;rale d'un processeur Un microprocesseur est constitu&#233; de milliers de circuits &#233;l&#233;mentaires, qui r&#233;alisent chacun une micro-op&#233;ration logique, ou qui mat&#233;rialisent une position de m&#233;moire. Le fonctionnement du microprocesseur consiste &#224; combiner ou &#224; d&#233;placer des valeurs de donn&#233;es stock&#233;es dans des positions de m&#233;moire pour obtenir des r&#233;sultats qui seront stock&#233;s dans d'autres positions de m&#233;moire. Ainsi, un groupe de circuits logiques pourra constituer l'op&#233;ration d'addition, (...)

-
&lt;a href="http://www.laurent-bloch.org/spip.php?rubrique12" rel="directory"&gt;Syst&#232;mes d'exploitation, architecture des ordinateurs&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.laurent-bloch.org/spip.php?mot39" rel="tag"&gt;microprocesseur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.laurent-bloch.org/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;circuit logique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.laurent-bloch.org/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;processeur&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Sommaire-&lt;/h3&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Organisation g&#233;n&#233;rale d'un processeur&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un microprocesseur est constitu&#233; de milliers de circuits &#233;l&#233;mentaires,
qui r&#233;alisent chacun une micro-op&#233;ration logique, ou qui mat&#233;rialisent
une position de m&#233;moire. Le fonctionnement du microprocesseur
consiste &#224; combiner ou &#224; d&#233;placer des valeurs de donn&#233;es stock&#233;es
dans des positions de m&#233;moire pour obtenir des r&#233;sultats qui seront
stock&#233;s dans d'autres positions de m&#233;moire. Ainsi, un groupe de
circuits logiques pourra constituer l'op&#233;ration d'addition, qui
consistera &#224; analyser les donn&#233;es contenues dans les positions de
m&#233;moire o&#249; se trouvent les chiffres des nombres &#224; additionner, &#224;
calculer le r&#233;sultat et &#224; l'&#233;crire dans une autre position de
m&#233;moire. Une op&#233;ration d'addition peut comporter quelques dizaines de circuits logiques (il y a d&#233;j&#224; une micro-op&#233;ration par chiffre binaire), eux-m&#234;mes constitu&#233;s de &lt;i&gt;portes logiques&lt;/i&gt; r&#233;alis&#233;es en g&#233;n&#233;ral au moyen de deux transistors. Les processeurs actuels (2012) comportent des centaines de millions de portes logiques, dont la taille est de 32 nm (un nanom&#232;tre vaut un milliardi&#232;me de m&#232;tre). (Pour une description plus d&#233;taill&#233;e du fonctionnement des circuits logiques, vous pouvez t&#233;l&#233;charger (gratuitement) mon &lt;a href=&quot;http://www.laurentbloch.org/spip.php?article13&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;livre de syst&#232;me&lt;/a&gt; et en consulter &lt;a href=&quot;http://www.laurentbloch.org/IMG/pdf/HistSys-2.pdf&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;l'annexe B&lt;/a&gt;.)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Effectuer une simple op&#233;ration d'addition consiste donc &#224; combiner
les r&#233;sultats produits par quelques dizaines de circuits &#233;l&#233;mentaires
et stock&#233;s dans quelques dizaines de positions de m&#233;moire. Pour obtenir de fa&#231;on s&#251;re le r&#233;sultat final exact de l'op&#233;ration, il faut coordonner correctement le fonctionnement de tous ces circuits.
Ainsi par exemple, si un premier circuit calcule un r&#233;sultat interm&#233;diaire
qui sera pris comme donn&#233;e d'entr&#233;e par un second circuit, le concepteur
doit pouvoir &#234;tre s&#251;r que le premier circuit a vraiment fini son calcul
et plac&#233; le r&#233;sultat au bon endroit avant que le second ne commence son
propre calcul.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Toutes les op&#233;rations sont cadenc&#233;es par l'horloge&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Afin de pouvoir calculer de fa&#231;on d&#233;terministe l'encha&#238;nement correct
des op&#233;rations &#233;l&#233;mentaires, elles sont &lt;i&gt;synchronis&#233;es&lt;/i&gt; ; pour ce faire
le processeur dispose d'une horloge centrale r&#233;alis&#233;e au moyen d'un
dispositif &#224; quartz, qui r&#233;gule un circuit oscillant selon une
fr&#233;quence extr&#234;mement pr&#233;cise. &#192; chaque fin de p&#233;riode le circuit
oscillant &#233;met un signal. La fr&#233;quence de ce circuit est de l'ordre
de quelques GHz (quelques milliards d'impulsions par seconde).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La sortie du circuit logique correspondant &#224; une micro-op&#233;ration est
coupl&#233;e &#224; une entr&#233;e d'un circuit ET dont l'autre entr&#233;e est coupl&#233;e &#224;
l'horloge. &#192; chaque top d'horloge la porte ET d&#233;livre un r&#233;sultat,
c'est-&#224;-dire que les donn&#233;es doivent &#234;tre valides lorsque retentit le
&lt;i&gt;top&lt;/i&gt; de l'horloge. C'est ainsi que toutes les op&#233;rations sont
synchronis&#233;es. Ce que l'on appelle la fr&#233;quence d'un processeur est la
fr&#233;quence de son horloge. Le temps de cycle est le d&#233;lai entre deux
tops d'horloge. Chaque op&#233;ration &#233;l&#233;mentaire doit &#234;tre effectu&#233;e pendant un cycle, ou pendant un nombre de cycles parfaitement
d&#233;termin&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De ce qui pr&#233;c&#232;de d&#233;coulent deux cons&#233;quences importantes : le signal
du circuit oscillant de l'horloge doit &#234;tre achemin&#233; jusqu'&#224; &lt;i&gt;tous&lt;/i&gt;
les circuits logiques &#233;l&#233;mentaires ; le d&#233;lai qui s'&#233;coule entre
l'instant o&#249; le premier circuit logique re&#231;oit le signal et l'instant
o&#249; le dernier circuit le re&#231;oit s'appelle la &lt;i&gt;d&#233;rive d'horloge (clock
skew)&lt;/i&gt;. Comme il n'est en g&#233;n&#233;ral pas possible de savoir si tel
circuit est un r&#233;cepteur pr&#233;coce ou tardif du signal d'horloge, on
soustrait la d&#233;rive d'horloge du temps de cycle, afin de ne pas se
trouver dans la situation, catastrophique, o&#249; un circuit logique
utiliserait des donn&#233;es inachev&#233;es pour entreprendre son calcul. Plus
la d&#233;rive d'horloge est grande, moins il reste de temps pour les
calculs.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'horloge consomme 30% de l'&#233;nergie totale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Acheminer un signal en chaque point du processeur prend du temps, mais
aussi de l'&#233;nergie. Les circuits ont une certaine r&#233;sistance, et sont
soumis &#224; la loi d'Ohm. Afin de limiter la d&#233;rive d'horloge, le signal
est &#233;mis dans un circuit en forme de grille qui recouvre l'ensemble du
processeur, mais la consommation &#233;lectrique d'un tel dispositif est
importante. En outre, &#233;tant donn&#233;e la taille des circuits actuels (de
l'ordre du milliard de transistors), il faut pr&#233;voir des r&#233;p&#233;teurs
d'horloge &lt;i&gt;(clock buffers)&lt;/i&gt;. De fait, dans un processeur moderne, la
fonction d'horloge utilise 30% de la consommation &#233;lectrique totale,
ce qui est consid&#233;rable, pour ne pas dire excessif, lorsque l'on sait
qu'aujourd'hui la consommation &#233;lectrique est le principal obstacle
que s'efforcent de surmonter les concepteurs de circuits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le num&#233;ro de f&#233;vrier 2012 de &lt;a href=&quot;http://www.MPRonline.com/&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;Microprocessor
Report&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; un article intitul&#233; &lt;i&gt;Resonant
Meshes Topple Clock Trees&lt;/i&gt; d&#233;crit l'invention des deux fondateurs de
la soci&#233;t&#233; &lt;a href=&quot;http://cyclos-semi.com/&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;Cyclos&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, de nature &#224;
bouleverser cet &#233;tat de fait. Les lignes qui suivent sont librement
inspir&#233;es de cet article.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Marios Papaefthymiou et Alexander Ishii se sont connus lors de la
pr&#233;paration de leur th&#232;se au MIT au d&#233;but des ann&#233;es 1990 ; le premier
partit pour l'universit&#233; du Michigan o&#249; il entama des recherches sur
les circuits d'horloge r&#233;sonnants, le second travailla chez NEC et
dans plusieurs startups de l'industrie des semi-conducteurs. En 2006
ils fond&#232;rent la soci&#233;t&#233; &lt;a href=&quot;http://cyclos-semi.com/&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;Cyclos&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; pour
mener un projet de circuits d'horloge r&#233;sonnants sur la base des
recherches de Papaefthymiou. Ce projet vise &#224; r&#233;duire de fa&#231;on
radicale la consommation &#233;lectrique de l'horloge des processeurs ; les
premiers r&#233;sultats laissent esp&#233;rer une r&#233;duction de moiti&#233;, soit 15%
par rapport &#224; la consommation totale du processeur. Comment est-ce
possible ? Voici.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La r&#233;sonnance pour diminuer la consommation d'&#233;lectricit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avec la m&#233;thode traditionnelle, le circuit d'horloge consomme la m&#234;me
&#233;nergie &#233;lectrique &#224; chaque &#233;mission de signal. Papaefthymiou et Ishii
ont imagin&#233; de cr&#233;er un &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Circuit_LC&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;circuit oscillant
r&#233;sonnant&lt;/a&gt;, dont le principe
est analogue &#224; celui d'un pendule. Lors de l'oscillation d'un pendule,
une certaine quantit&#233; d'&#233;nergie se transforme alternativement
d'&#233;nergie cin&#233;tique en &#233;nergie potentielle. L'&#233;nergie cin&#233;tique est
maximale lorsque le pendule passe par le point le plus bas de sa
trajectoire (et alors l'&#233;nergie potentielle est nulle), l'&#233;nergie
potentielle est maximale lorsque le pendule passe par un des points
les plus hauts de sa trajectoire (et alors l'&#233;nergie cin&#233;tique est
nulle, comme sa vitesse).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sch&#233;ma d'apr&#232;s &lt;a href=&quot;http://www.MPRonline.com/&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;Microprocessor Report&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_103 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt; &lt;a href=&quot;http://www.laurent-bloch.org/IMG/png/horloge-resonnante.png&quot; title=&quot;Circuit r&#233;sonnant (d'apr&#232;s &lt;em&gt;Microprocessor Report&lt;/em&gt;)&quot;&gt; &lt;img src=&quot;http://www.laurent-bloch.org/local/cache-vignettes/L302xH163/horloge-resonnante-c496d.png&quot; width='302' height='163' alt=&quot;Circuit r&#233;sonnant (d'apr&#232;s &lt;em&gt;Microprocessor Report&lt;/em&gt;)&quot; style='height:163px;width:302px;' /&gt; &lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De m&#234;me, dans un circuit r&#233;sonnant, une certaine quantit&#233; d'&#233;nergie
&#233;lectrique se transforme alternativement d'&#233;nergie cin&#233;tique en
&#233;nergie potentielle, au fur et &#224; mesure qu'une charge &#233;lectrique se
d&#233;place entre un condensateur et une bobine d'induction ; l'&#233;nergie
est sous forme potentielle quand la tension est maximale aux bornes du
condensateur ; l'&#233;nergie est sous forme cin&#233;tique (ou magn&#233;tique)
quand le courant est maximum dans la bobine (et la tension nulle aux
bornes du condensateur). Ce ph&#233;nom&#232;ne se produit dans un circuit
&#233;lectrique &#224; une fr&#233;quence de r&#233;sonnance donn&#233;e caract&#233;ristique du
circuit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De m&#234;me que le pendule continue &#224; osciller un certain temps en l'absence
de toute impulsion m&#233;canique, mais ce mouvement s'amortit, pour finalement
cesser, de m&#234;me le circuit r&#233;sonnant &#233;met des signaux qui s'amortissent et
finissent par cesser en l'absence d'un apport d'&#233;nergie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le dispositif invent&#233; et brevet&#233; par Papaefthymiou et Ishii r&#233;alise un
circuit r&#233;sonnant en utilisant comme condensateur le circuit de
distribution du signal lui-m&#234;me ; il faut ajouter au circuit une ou
plusieurs inductances, ce qui peut se faire sur la couche m&#233;tallique
sup&#233;rieure du composant ; cette conception &#233;limine la n&#233;cessit&#233; du
recours &#224; des r&#233;p&#233;teurs de signal d'horloge &lt;i&gt;(clock buffers)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Afin de prouver la validit&#233; de leur approche, Papaefthymiou et Ishii
ont r&#233;alis&#233;, en collaboration avec ARM, un circuit exp&#233;rimental, en
technologie de 130 nm, capable de fr&#233;quences allant jusqu'&#224; 200
MHz. Le rendement optimal est obtenu &#224; 175 MHz, avec une inductance de
8,5 nH (nano henry) et une capacit&#233; de 100 pF (pico farad). &#192; cette
fr&#233;quence, le circuit r&#233;sonnant consomme 0,03 mW par MHz, contre 0,25
mW pour le syst&#232;me traditionnel, soit &#224; 175 MHz une &#233;conomie totale de
38,5 mW, 33% de la consommation totale du syst&#232;me traditionnel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur la base de ces r&#233;sultats exp&#233;rimentaux,
&lt;a href=&quot;http://cyclos-semi.com/&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;Cyclos&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; a convaincu AMD d'utiliser sa
m&#233;thode, ce qui fut fait pour la gamme &lt;i&gt;Piledriver&lt;/i&gt; de la marque. Les
ing&#233;nieurs d'AMD n'ont utilis&#233; qu'une partie de la conception de
Cyclos, parce qu'il aurait &#233;t&#233; trop co&#251;teux de redessiner enti&#232;rement
le circuit, et ils ont adapt&#233; le dessin de la gamme pr&#233;c&#233;dente en y
ins&#233;rant une centaine de petits inducteurs. L'&#233;conomie de
consommation obtenue est entre 5 et 10%. Cette technologie est tr&#232;s
prometteuse, encore une fois &#224; une &#233;poque o&#249; la consommation
&#233;lectrique est la cible principale des ing&#233;nieurs dans le domaine des
semi-conducteurs, et o&#249; Google ach&#232;te des centrales hydro-&#233;lectriques
pour alimenter ses centres de donn&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une autre solution, radicale, existe : les &lt;a href=&quot;http://www.laurent-bloch.org/spip.php?article156&quot; class='spip_in'&gt;circuits asynchrones&lt;/a&gt;, qui
n'ont pas besoin d'horloge pour synchroniser leurs op&#233;rations ; ils auront
de nombreux avantages, quand on saura les faire marcher de fa&#231;on
vraiment op&#233;rationnelle !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Les microprocesseurs, leur histoire et leur avenir</title>
		<link>http://www.laurent-bloch.org/spip.php?article238</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.laurent-bloch.org/spip.php?article238</guid>
		<dc:date>2012-03-18T20:53:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Bloch</dc:creator>



		<description>

-
&lt;a href="http://www.laurent-bloch.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;Histoire de l'informatique&lt;/a&gt;


		</description>


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	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Confidentialit&#233; &#224; long terme des Infrastructures de gestion de cl&#233;s (PKI)</title>
		<link>http://www.laurent-bloch.org/spip.php?article220</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.laurent-bloch.org/spip.php?article220</guid>
		<dc:date>2012-03-02T10:23:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Bloch</dc:creator>


		<dc:subject>cryptographie sym&#233;trique</dc:subject>
		<dc:subject>cryptographie &#224; cl&#233;s publiques</dc:subject>
		<dc:subject>PKI</dc:subject>
		<dc:subject>infrastructure de gestion de cl&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Kerberos</dc:subject>
		<dc:subject>cryptanalyse</dc:subject>

		<description>Sommaire- Ubiquit&#233; des PKI (Public Key Infrastructures) Chi-Sung Laih, Shang-Ming Jen et Chia-Yu Lu ont publi&#233; dans le num&#233;ro de janvier 2012, vol. 55 N&#176; 1, des Communications of the Association for Computing Machinery un article intitul&#233; Long-Term Confidentiality of PKI. La s&#233;curit&#233; des &#233;changes sur le r&#233;seau, que ce soit pour les transactions commerciales en ligne, pour les actes administratifs et m&#233;dicaux ou pour les communications priv&#233;es, repose sur des Infrastructures de gestion de cl&#233;s (...)

-
&lt;a href="http://www.laurent-bloch.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;Cyberstrat&#233;gie, Internet (&#233;volution, organisation et s&#233;curit&#233;)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.laurent-bloch.org/spip.php?mot80" rel="tag"&gt;cryptographie sym&#233;trique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.laurent-bloch.org/spip.php?mot81" rel="tag"&gt;cryptographie &#224; cl&#233;s publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.laurent-bloch.org/spip.php?mot82" rel="tag"&gt;PKI&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.laurent-bloch.org/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;infrastructure de gestion de cl&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.laurent-bloch.org/spip.php?mot84" rel="tag"&gt;Kerberos&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.laurent-bloch.org/spip.php?mot85" rel="tag"&gt;cryptanalyse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Sommaire-&lt;/h3&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Ubiquit&#233; des PKI &lt;em&gt;(Public Key Infrastructures)&lt;/em&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Chi-Sung Laih, Shang-Ming Jen et Chia-Yu Lu ont publi&#233; dans le num&#233;ro de
janvier 2012, vol. 55 N&#176; 1, des &lt;a href=&quot;http://cacm.acm.org/magazines/2012/1/144813-long-term-confidentiality-of-pki/abstract&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Communications of the Association for
Computing Machinery&lt;/a&gt;
un article intitul&#233; &lt;i&gt;Long-Term Confidentiality of PKI&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La s&#233;curit&#233; des &#233;changes sur le r&#233;seau, que ce soit pour les
transactions commerciales en ligne, pour les actes administratifs et
m&#233;dicaux ou pour les communications priv&#233;es, repose sur des
&lt;i&gt;Infrastructures de gestion de cl&#233;s&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Public Key Infrastructures&lt;/i&gt;,
PKI), qui sont maintenant partout, et qui &#233;mettent les cl&#233;s de
chiffrement utilis&#233;es pour la signature &#233;lectronique et pour le
chiffrement des donn&#233;es, ce qui garantit l'authentification et la
confidentialit&#233; des communications.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Cryptographie &#224; cl&#233;s publiques ou &#224; cl&#233;s partag&#233;es&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les PKI utilisent conjointement deux m&#233;thodes, le chiffrement
sym&#233;trique et le chiffrement asym&#233;trique, qui reposent sur des
m&#233;thodes math&#233;matiques compl&#232;tement diff&#233;rentes. Ces deux m&#233;thodes
sont d'un usage compl&#233;mentaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Cryptographie_asym&#233;trique&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;cryptographie asym&#233;trique&lt;/a&gt; repose sur la
d&#233;tention, par chaque partie impliqu&#233;e dans une &#233;change chiffr&#233;, de
deux cl&#233;s : une cl&#233; publique et une cl&#233; priv&#233;e. La cl&#233; priv&#233;e ne
circule jamais sur le r&#233;seau, ainsi le risque de sa compromission est
tr&#232;s faible. Quiconque veut envoyer un message chiffr&#233; &#224; un
correspondant chiffre avec la cl&#233; publique du destinataire, qui est
dans tous les bons annuaires, par exemple celui de la PKI utilis&#233;e.
Ce syst&#232;me semble parfait, il a un inconv&#233;nient, les calculs sont
lourds et donc lents.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Cryptographie_sym&#233;trique&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;cryptographie sym&#233;trique &#224; cl&#233;
partag&#233;e&lt;/a&gt;
repose sur la possession, par les parties prenantes &#224; la communication,
d'une m&#234;me cl&#233;. Les calculs en cryptographie sym&#233;trique sont bien
plus simples qu'en cryptographie asym&#233;trique, mais le point faible
est qu'il faut bien &#233;changer des cl&#233;s, ce qui impose un transport sur le
r&#233;seau, au cours duquel la cl&#233; risque d'&#234;tre compromise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La solution consiste donc &#224; utiliser le chiffrement asym&#233;trique pour
l'&#233;change de la cl&#233; partag&#233;e destin&#233;e au chiffrement sym&#233;trique. Cet
&#233;change a lieu une seule fois, au d&#233;but d'une session de
communication, et tous les &#233;changes ult&#233;rieurs ont lieu avec la cl&#233;
partag&#233;e obtenue par ce proc&#233;d&#233;. Ainsi sont palli&#233;s et la lenteur des calculs n&#233;cessaires aux algorithmes asym&#233;triques tels que &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Rivest_Shamir_Adleman&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;RSA&lt;/a&gt;
&lt;i&gt;Rivest-Shamir-Adleman&lt;/i&gt;, et le risque de faire circuler une cl&#233; partag&#233;e
sur le r&#233;seau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'algorithme sym&#233;trique peut &#234;tre
&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/International_Data_Encryption_Algorithm&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;IDEA&lt;/a&gt;,
&#224; cl&#233;s de 128 bits, cr&#233;&#233; par James L. Massey et Xuejia Lai, ou
&lt;i&gt;Rijndael&lt;/i&gt; inclus dans AES &lt;i&gt;(&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Advanced_Encryption_Standard&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Advanced Encryption
Standard&lt;/a&gt;)&lt;/i&gt;.
Notons que les syst&#232;mes de communication chiffr&#233;s tels que SSL
&lt;i&gt;(Secure Socket Layer)&lt;/i&gt; utilis&#233;s pour les transactions par le Web, la
rel&#232;ve de courrier &#233;lectronique et la connexion conversationnelle &#224;
distance par SSH &lt;i&gt;(Secure Shell)&lt;/i&gt; fonctionnent de cette fa&#231;on.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une PKI a pour fonction de distribuer, selon le proc&#233;d&#233; qui vient
d'&#234;tre expos&#233;, des cl&#233;s certifi&#233;es. Une cl&#233; certifi&#233;e est une cl&#233; sign&#233;e
par une autorit&#233; de certification digne de confiance. Les cl&#233;s publiques
sont publi&#233;es incluses dans des certificats.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Kerberos&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Kerberos&lt;/a&gt; est une PKI un peu particuli&#232;re, avec un centre de distribution
de cl&#233;s (KDC) qui fonctionne en g&#233;n&#233;ral uniquement en chiffrement
sym&#233;trique, bien que le RFC 4556 propose le recours au chiffrement &#224;
cl&#233; publique pour l'authentification de la transaction initiale d'enr&#244;lement d'un client du syst&#232;me. En effet, sans le recours &#224; ce proc&#233;d&#233;, l'introduction
d'un nouvel utilisateur ne peut se faire qu'au moyen de la communication
en clair d'un mot de passe robuste, ce qui est tr&#232;s g&#234;nant. Kerberos est
&#224; ce jour la seule solution d'authentification disponible qui soit compatible avec tous les syst&#232;mes informatiques existants et tous les types d'usage (pas
seulement pour les applications Web), il s'agit donc d'un cas particulier
assez in&#233;vitable.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La question de la s&#233;curit&#233; &#224; long terme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;curit&#233; de certains documents doit &#234;tre assur&#233;e &#224; long terme : la
question se pose donc de savoir si les proc&#233;d&#233;s techniques qui les
prot&#232;gent aujourd'hui seront toujours aussi protecteurs dans trente ans,
par exemple, et si ce n'est pas le cas, par quel moyen pourra-t-on am&#233;liorer leur protection quand ce sera n&#233;cessaire, et quand des proc&#233;d&#233;s
plus puissants seront disponibles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La s&#233;curit&#233; des documents est assur&#233;e par des proc&#233;d&#233;s cryptographiques
selon deux exigences : la garantie de l'authenticit&#233;, et celle de la
confidentialit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'exigence d'authentification a fait l'objet de plusieurs travaux et
du RFC 3126, &lt;i&gt;Electronic Signature Format for Long-term Electronic
Signatures&lt;/i&gt;. Chi-Sung Laih [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Professeur au D&#233;partement Electrical Engineering de la National Cheng Kung (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;] et ses co-auteurs se sont attach&#233;s &#224;
la question de la confidentialit&#233;, plus difficile et moins &#233;tudi&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les menaces sur la cryptographie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;tudier les menaces qui p&#232;sent sur les moyens de la confidentialit&#233;
des donn&#233;es, les auteurs prennent l'exemple de l'algorithme RSA
a cl&#233; publique (cryptographie asym&#233;trique), utilis&#233; par la majorit&#233;
des PKI, et identifient deux menaces qui planent sur la p&#233;rennit&#233; de
la protection qu'il assure : la cryptanalyse quantique, et les progr&#232;s de
la factorisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est clair que l'av&#232;nement de la cryptanalyse quantique,
quand il se produira (et s'il se produira), sera pour la cryptographie
un cataclysme &#233;quivalent a celui qui a provoqu&#233; la disparition des
dinosaures. Il faudra tout reprendre sur de nouvelles bases, la
cryptographie quantique en l'occurrence. Mais en attendant, les
progr&#232;s de la factorisation (d&#233;composition en facteurs premiers) des
grands nombres, s'ils sont moins m&#233;diatiques, sont plus r&#233;els et tr&#232;s
r&#233;guliers. En 1999 l'&#233;quipe de Cavallar a factoris&#233; un module RSA [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Un module RSA est le produit N de deux grands nombres premiers p et q de (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;] de
512 bits (155 chiffres d&#233;cimaux), en 2009 l'&#233;quipe de Kleinjung en a
factoris&#233; un de 768 bits (232 chiffres d&#233;cimaux). Bien que la
factorisation d'un module de 1 024 bits soit des milliers de fois
plus difficile que celle d'un module de 768 bits, on s'attend &#224; ce que
ce soit r&#233;alis&#233; vers 2020. On ne conna&#238;t pas d'algorithme de
factorisation en temps polynomial, ils sont tous exponentiels. Le meilleur algorithme disponible,
selon la th&#232;se de Jean-S&#233;bastien Coron cit&#233;e ci-dessus, est
l'algorithme du &lt;i&gt;crible alg&#233;brique&lt;/i&gt;, dont le temps de calcul pour
factoriser un module RSA de &lt;i&gt;n&lt;/i&gt; bits est donn&#233; par : &lt;p class=&quot;spip&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.laurent-bloch.org/local/cache-vignettes/L205xH39/c1bc33c480d7f681ac78162faa2831da-17bc5.png&quot; style='height:39px;width:205px;vertical-align:middle;' width='205' height='39' alt=&quot; \exp \Big ((1.923+\circ(1)) n^{1/3} \log ^{2/3} n \Big) &quot; title=&quot; \exp \Big ((1.923+\circ(1)) n^{1/3} \log ^{2/3} n \Big) &quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La robustesse de l'algorithme RSA repose sur l'hypoth&#232;se que la
factorisation du produit de deux grands nombres premiers est un calcul
hors de port&#233;e des moyens actuels. Mettre RSA &#224; l'abri des progr&#232;s de
la factorisation demanderait d'utiliser des cl&#233;s plus longues. Aujourd'hui
la plupart des utilisateurs de RSA emploient des cl&#233;s de 1 024 bits.
Il faudrait passer &#224; 2 048 bits, mais cela pose des probl&#232;mes
logistiques consid&#233;rables : si une PKI a &#233;mis des milliers de cl&#233;s, dont
certaines install&#233;es dans des dispositifs mat&#233;riels tels que des cartes
&#224; puces ou des cl&#233;s USB, effectuer la mise &#224; jour de ces dispositifs peut
s'av&#233;rer une t&#226;che inaccessible.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;D&#233;terminer la p&#233;riode de risque pour la confidentialit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les auteurs commencent par d&#233;finir ce qu'ils appellent la
&lt;i&gt;Privacy-Free Window&lt;/i&gt; ou PFW (fen&#234;tre de perte de confidentialit&#233;).
Prenons le cas d'un fichier chiffr&#233; &#224; la date courante &lt;i&gt;t&lt;sub&gt;c&lt;/sub&gt;&lt;/i&gt;
et qui doit rester secret jusqu'&#224; sa date d'expiration &lt;i&gt;t&lt;sub&gt;e&lt;/sub&gt;&lt;/i&gt;.
Supposons qu'&#224; une date &lt;i&gt;t&lt;sub&gt;p&lt;/sub&gt;&lt;/i&gt; les cl&#233;s publiques
g&#233;n&#233;r&#233;es en &lt;i&gt;t&lt;sub&gt;c&lt;/sub&gt;&lt;/i&gt; soient factoris&#233;es, il en r&#233;sulte que
le fichier consid&#233;r&#233; peut &#234;tre compromis. M&#234;me si les cl&#233;s publiques
ne sont pas factoris&#233;es, un autre risque peut survenir, la compromission
des cl&#233;s de session par une avanc&#233;e de la cryptnanalyse. Si un de ces
&#233;v&#233;nements survient avant la date &lt;i&gt;t&lt;sub&gt;e&lt;/sub&gt;&lt;/i&gt;, la confidentialit&#233;
du fichier ne peut plus &#234;tre garantie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La fen&#234;tre de perte de confidentialit&#233; (PFW) est le laps de temps qui
s'&#233;coule entre la date o&#249; l'avanc&#233;e technologique an&#233;antit la
robustesse de la cl&#233; qui prot&#232;ge la donn&#233;e consid&#233;r&#233;e, en rendant
possible la factorisation de la cl&#233; publique, et la date d'expiration
&#224; compter de laquelle la donn&#233;e n'a plus &#224; &#234;tre prot&#233;g&#233;e soit entre
&lt;i&gt;t&lt;sub&gt;c&lt;/sub&gt;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;t&lt;sub&gt;e&lt;/sub&gt;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si les cl&#233;s n'avaient &#233;t&#233; utilis&#233;es que pour garantir &lt;i&gt;l'authenticit&#233;&lt;/i&gt; du document
par une signature, la p&#233;riode de garantie peut &#234;tre prolong&#233;e au-del&#224; de
la date &lt;i&gt;t&lt;sub&gt;c&lt;/sub&gt;&lt;/i&gt; par les proc&#233;d&#233;s d&#233;crits par le RFC 3126.
Mais il n'existe pas de telle solution pour prolonger la p&#233;riode de
confidentialit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La propri&#233;t&#233; de confidentialit&#233; asym&#233;trique des PKI&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il n'existe donc aucun proc&#233;d&#233; pour prolonger la p&#233;riode de confidentialit&#233;
d'un document dont la cl&#233; de chiffrement est compromise par les progr&#232;s
de la cryptanalyse. Mais Chi-Sung Laih et ses co-auteurs ont imagin&#233; un
moyen de contournement , qui &#233;vite de red&#233;ployer les cl&#233;s et les certificats
de tous les utilisateurs d'une PKI, op&#233;ration forc&#233;ment lourde et souvent
m&#234;me impossible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ils observent que si les utilisateurs des PKI utilisent souvent des cl&#233;s de 1 024 bits, les autorit&#233;s de certification des m&#234;mes PKI ont plus
souvent recours &#224; des cl&#233;s de 2 048 bits, voire de 4 096 bits.
Le fait que l'autorit&#233; de certification (CA) utilise des cl&#233;s plus robustes
que les utilisateurs ordinaires introduit une asym&#233;trie dans la protection,
dont ils proposent de tirer parti.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les auteurs envisagent un cryptosyst&#232;me analogue &#224; Kerberos, avec un
protocole adapt&#233; selon leurs recommandations. Kerberos postule des cl&#233;s
de session pr&#233;-calcul&#233;es pour les &#233;changes entre les utilisateurs et
l'autorit&#233; de certification. &#192; l'inverse, le protocole conforme aux
recommandations de nos auteurs ne suppose pas l'existence pr&#233;alable de
cl&#233;s partag&#233;es, mais repose sur la cryptographie &#224; cl&#233;s publiques pour
obtenir une s&#233;curit&#233; &#233;quivalente au moment de l'&#233;change.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le cas d'un protocole de type Kerberos, quand l'utilisateur A veut &#233;changer des donn&#233;es confidentielles avec l'utilisateur B :&lt;/p&gt; &lt;ol class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; il informe le serveur S de ce projet ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; S r&#233;pond par un message, chiffr&#233; avec la cl&#233; publique de A, qui contient un ticket
chiffr&#233; avec la cl&#233; publique de B et une cl&#233; de session ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; A peut alors envoyer &#224; B le ticket et partager ainsi la cl&#233; de session ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; B r&#233;pond &#224; A par un message chiffr&#233; avec la cl&#233; de session, ce qui conclut la
c&#233;r&#233;monie d'&#233;change de cl&#233;s.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Selon ce sc&#233;nario, la confidentialit&#233; du document &#233;chang&#233; repose sur les
&#233;changes n&#176; 2 et n&#176; 3, chiffr&#233;s avec les cl&#233;s publiques de A et de B, longues de 1 024 bits, et de ce fait destin&#233;es &#224; &#234;tre compromises vers 2019.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; l'inverse, dans le cas d'un protocole conforme au sc&#233;nario propos&#233; par nos auteurs, la
s&#233;curit&#233; du document sera assur&#233;e par des &#233;changes chiffr&#233;s &lt;i&gt;avec la cl&#233; publique
de S&lt;/i&gt;, plus longue (2 048 ou 4 096 bits) ; il suffit de
faire passer les &#233;changes de cl&#233;s de session entre A et B par le
serveur S, ainsi il seront chiffr&#233;s avec la cl&#233; priv&#233;e de ce dernier,
plus robuste :&lt;/p&gt; &lt;ol class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; A &#233;tablit une session avec S, dont les &#233;changes auront le niveau de protection conf&#233;r&#233; par la cl&#233; de S (2 048 ou 4 096 bits) ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; B &#233;tablit &#233;galement une session avec S, avec le m&#234;me niveau de protection ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; les tickets re&#231;us par A et B ont donc &#233;t&#233; &#233;mis avec un niveau de protection &#233;lev&#233;, ce qui donne le m&#234;me niveau de protection &#224; leurs &#233;changes mutuels.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;De surcro&#238;t, comme les cl&#233;s de session entre A et S, entre B et S et entre
A et B ont &#233;t&#233; g&#233;n&#233;r&#233;es &#224; partir de la cl&#233; publique de S, elles peuvent, en
tant que de besoin, &#234;tre r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;es &#224; volont&#233; apr&#232;s une &#233;l&#233;vation du
niveau de s&#233;curit&#233; de S ; en effet, s'il peut &#234;tre tr&#232;s difficile de red&#233;ployer toute une infrastructure de s&#233;curit&#233; sur l'ensemble des postes des utilisateurs,
mettre &#224; niveau les serveurs centraux est plus facile, ils sont par d&#233;finition moins nombreux, et administr&#233;s par les autorit&#233;s qui contr&#244;lent la PKI.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Conclusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Chi-Sung Laih, Shang-Ming Jen et Chia-Yu Lu ont ainsi mis au point un
proc&#233;d&#233; relativement simple &#224; mettre en &#339;uvre, apte &#224; prolonger la
p&#233;riode de confidentialit&#233; conf&#233;r&#233;e par une PKI. Leur article procure en
outre un algorithme pour d&#233;terminer la p&#233;riode de risque, dite
&lt;i&gt;Privacy-Free Window&lt;/i&gt; (PFW), ce qui permet &#224; l'administrateur de la
PKI de planifier les actions n&#233;cessaires au maintien des conditions de
s&#233;curit&#233; des donn&#233;es prot&#233;g&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://cacm.acm.org/magazines/2012/1/144813-long-term-confidentiality-of-pki/abstract" class="spip_out"&gt;Communications of the Association for Computing Machinery&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Professeur au D&#233;partement &lt;i&gt;Electrical
Engineering&lt;/i&gt; de la &lt;i&gt;National Cheng Kung University&lt;/i&gt;, &#224; Tainan
(Taiwan), il est mort en 2010.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Un
module RSA est le produit &lt;i&gt;N&lt;/i&gt; de deux grands nombres premiers &lt;i&gt;p&lt;/i&gt; et
&lt;i&gt;q&lt;/i&gt; de taille voisine. &lt;i&gt;N&lt;/i&gt; est un &#233;l&#233;ment de la cl&#233; publique, &lt;i&gt;p&lt;/i&gt; et
&lt;i&gt;q&lt;/i&gt; sont des &#233;l&#233;ments de la cl&#233; priv&#233;e. D&#233;composer &lt;i&gt;N&lt;/i&gt; en ses deux
facteurs premiers livre la cl&#233; priv&#233;e. Cf. par exemple &lt;a href=&quot;http://www.jscoron.fr/thesis/node4.html.&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;la th&#232;se de
Jean-S&#233;bastien Coron&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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